Arrosoirs & sécateurs

Chronique d’un jardin de Bretagne-Sud en novembre 2011

Mardi 1er

Sans doute vous attendez-vous à ce que j’écrive qu’aujourd’hui j’ai fait du nettoyage. Vous avez tout faux car si cétait parti pour, en fait j’ai complètement changé mon programme.
Il y a deux choses que j’avais envie de faire :
- Revoir le bas de la descente du sous-sol. Le haut est une pelouse avec deux petites allées faites avec des pierres du jardin et tout en bas c’est un dallage. IL faut préciser qu’il y a plusieurs années que la voiture ne rentre plus au garage : le portail est trop étroit… si vous voyez ce que je veux dire !

Il a d’abord fallu gratter la terre entre les pierres avec un outil que j’utilise pour la première fois. C’est un « truc » trouvé dans le fumier de cheval rapporté il y a quelques années. Je suppose que c’est un genre de grattoir pour nettoyer les sabots des chevaux.

Ensuite j’ai mis des plaques d’helxine récupérée par ci par là, car il n’en manque pas. Cela avait déjà fait il y a une dizaine d’années mais cela n’a tenu que 2 ou 3 ans. On verra.

Revoir l’aménagement du dessus du muret de la descente du sous-sol sur une longueur d’ un mètre. C’est près du portail du sous-sol donc là où j’étais en train de mettre l’helxine. On peut dire que j’ai passé mon temps aujourd’hui dans 10 m².
En fait à cet endroit il y a un Daphné odora ’Aureomarginata’ plus que mal en point. Il devrait plutôt avoir comme nom de variété depuis plus d’un mois ‘Oreilles de cocker’. Que lui est-il arrivé ? Manque d’eau probablement car à cet endroit la terre est sèche et difficile à arroser à cause de la pente. En tout cas il est arraché (je l’ai bouturé il y a 2 ans – je crois - car je sentais qu’il ne ferait pas de vieux os : deux boutures réussies et déjà dans les plates-bandes).

Ce tout petit coin ingrat à aménager est à refaire. J’ai commencé par mettre un petit brise-vent entre le pignon de la maison et le Pittosporum car il y a une coulée de vent (qui vient tout droit de la mer) qui n’arrange rien. Ensuite, au pied de L’Hydrangea petiolaris qui grimpe sur la façade Nord de la maison, a été plantée une fougère scolopendre (Phyllitis scolopendrium). C’est un plant qui était arrivé je ne sais comment dans une allée. Il y en a même un deuxième plus petit qu’il faudra aussi enlever.

Cela reste à compléter mais je ne sais pas trop quoi mettre car il faut une plante…
- qui aime l’ombre sèche
- avec un feuillage lumineux (gris ? jaune ?)
- qui dégouline sur le muret mais qui peut monter à 30 ou 40 cm pour cacher le pied du Pittosporum.
Je cherche. Un lierre panaché ? Pas très original mais je ne vois pas autre chose. Vous pouvez toujours m’aider par l’intermédiaire du forum.

Mercredi 2


Qui a dit que je n’étais pas patient ? On a découvert aujourd’hui une clématite cirrhosa ‘Freckles’ en fleur. Elle a été achetée sous le nom de Clématite cirrhosa ‘Lansdowne Gem’ (bravo l’étiquetage !) en 2006… et ce sont les premières fleurs ! Elle pousse sur la brande de bruyère.

Aujourd’hui, un peu de nettoyage mais surtout plantation de bulbes : 20 Muscari, 40 Anémone blanda, 50 Fritillaire meleagris (pas évident à réussir), 6 Allium ‘Purple sensation’.

Jeudi 3

Il y a des plantes que, décidément, je ne peux pas réussir, alors que j’en connais toutes les exigences. Et tout particulièrement la Passiflore caerulea ‘Constance Eliott’. Eve m’avait donné des petits plants de son jardin que j’avais bichonnés. J’en ai planté à différents endroits… tous ratés ! (pieds disparus, ce qui pose des problèmes pour avoir des fleurs !). J’en ai donné à deux personnes et j’apprends hier soir, au détour de la conversation autour d’une bourriche d’huîtres, que l’un des pieds donné a fleuri !!! De quoi avaler l’huître de travers ! Entre temps, on achète un beau plant dans une pépinière bien connue pour ses clématites et ses plantes grimpantes… Raté (décidément quand tout va de travers ! là, il faut rire du jeu de mots…). Et donc hier soir Eve m’a redonné 2 plants… La honte ! Heureusement, à cause de la nuit, Eve m’a épargné une humiliation dont j’aurais eu du mal à me remettre : la vue de sa passiflore toute fleurie. Donc, en tant que « taureau ascendant tête de pioche », je vais essayer à nouveau… et un jour j’aurai des fleurs de ‘Constance Eliott’. Pour l’instant, les plants sont dans la serre et y resteront un bon moment.
Au fait qui était ‘Constance Eliott’ ? 2 mots à lui dire...
25ème tonte du gazon
Nettoyage et, en particulier, nettoyage et pré-taille d’automne du rosier ‘Pierre de Ronsard’ et taille assez sévère d’un Azara microphylla.
Broyage.
Demain, départ pour le Nord-Cotentin : visite de 5 jardins avec la bande. On sera plus de 35. Insatiables ! Pleurez pas, je reviendrai avec plusieurs centaines de photos... rien que pour vous !

Mercredi 9

Pas de panique, je ne vous ai pas fait d’infidélités. Mais depuis vendredi dernier, on sillonnait les routes du Cotentin de jardins en jardins. 8 jardins visités ou re-visités et environ 1000 photos. De quoi en prendre plein les mirettes avec 8 diaporamas sur le site. Patience…
On revient évidemment avec des plantes mais aussi des rameaux donnés pour faire des boutures (merci Joël, merci Jérôme et merci Michelle).
Des petits plants enracinés remis en godets
- un Aster violet au feuillage original. Son nom ? Aucune idée.

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Si vous connaissez son nom...
je suis preneur



- des Silene fimbriata. Une merveille dont je ne soupçonnais pas l’existence.

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Silène fimbriata
Se ressèmerait partout d’après Michelle (Mme "Toucan fleuri").



- 2 geranium pyrenaicum
- un Bidens (triplinervia ?)
Des rameaux à bouturer
- Passiflore caerulea (bleue)
- Salvia bleu-violet (une petite arbustive du style S. microphylla)
- Correa ‘Dusky Bell’
- plante grise ressemblant étrangement à une Ballota pseudodictamnus. Je ne suis pas convaincu que ce soit elle car elle est vraiment tapissante. A voir…
- Fuchsia microphylla rose
- Hypericum (arbustif)
- Salvia ‘Phyllis Fancy’ (floraison bleue et blanche). J’ai des doutes sur la reprise
- un Aster buissonnant. Je n’ai pas le nom mais il doit être facile à trouver

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Un Aster que je connais...
mais j’ai perdu le nom. Quand on a une petite tête !



- une fougère au feuillage persistant : Blechnum ‘Nova Zelandiae’. J’ai réussi cette année des boutures de racines d’une fougère : pourquoi ne pas réessayer ?
- Haloragis erecta ‘Wellington Bronze’ : une vivace au feuillage bronze pour l’ombre (une rareté)
- et une plante totalement inconnue, qui vient de je ne sais quel jardin ! Je fais des recherches.
Il aura fallu trois heures pour bouturer, étiqueter, ranger dans la serre (bien au chaud avec des petites bougies allumées pour l’ambiance… dehors c’est la grisaille).
La serre est pleine à craquer. Il ne reste que de la place au sol pour stocker les plantes en pot qui sont gélives (Salvia discolor, Plectranthus argentatus, Cosmos « chocolat »…). Mais j’attends encore un peu.
Il reste à mettre en place 3 plantes achetées. Mais ce sera pour demain.

Jeudi 10


Le bouturage dans la serre hier, m’a donné envie de faire un peu de nettoyage et notamment des vitres. Ca, c’est mon côté « fée du logis » ! J’en ai même profité pour déboucher une des 2 gouttières et pour couronner le tout, j’ai ajouté un élément de déco : un cadavre. Celui d’une bouteille de calvados sirotée le week-end dernier entre 22 h et minuit à l’hôtel par une dizaine de bretons en goguette. En souvenir d’un moment de délire et de franche rigolade… et la bouteille est jolie. Quant au calva, il était excellent. Ben quoi, visiter des jardins c’est sympa (surtout quand on est en bonne compagnie) mais si en plus on peut rigoler…
Plantation des végétaux achetés ce week-end.
- un lierre panaché : il est mis au-dessus du mur à la place du Daphné

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Il me reste à habiller le pied de l’Hydrangea
avec une plante qui dégouline.



- 2 heuchères : ‘Cherry Cola’ et ‘Pettitcoat’ (donnée à la bourse d’échanges le mois dernier et mise en serre pour se refaire une santé).
- une petite bruyère d’hiver au feuillage jaune : Erica carnea ‘Ann Sparkes’.
Et pour terminer, un peu de nettoyage d’une plate-bande : le rosier ‘Phillis Bide’ est supprimé. Il était mal placé (trop à l’ombre) et en plus je m’en suis lassé. Bof…

Vendredi 11

Il faut bien soigner un peu l’extérieur. Le matin (je devrais dire la fin de la matinée ! faut pas pousser...), se passe sur le trottoir :
-  taille des Olearia virgata (un brise-vent excellent mais qu’il faut tailler régulièrement pour qu’il reste bien compact),
- taille du Rhamnus alaterne ‘Variegata’ : en fait je coupe les pousses vertes car c’est une variété panachée,
- taille des longues branches du rosier liane ‘Toby Tristam’. Il y a un rosier liane dans le jardin mais il n’y en aura pas deux. Impossible à maîtriser,
- nettoyage du trottoir : les valérianes sont coupées très ras car les tiges sont laides et les feuilles s’abîment et balayage avec un râteau à gazon des feuilles du Morus kagayamae. Elles pourraient tomber dans le jardin… ben non. Elles passeront donc dans le broyeur demain.
Et l’après-midi, dans une ambiance « douce grisaille »…
- plantation de bulbes de Fritillaire uva-vulpis : ce sont des petites fritillaires très jolies. J’en avais mis il y a plusieurs années dans un pot, ce qui n’était pas une très bonne idée, car si elles ont bien fleuri, impossible ensuite de les conserver.
- plantation de bulbes de narcisses « Tête à tête ». Ce sont de petits narcisses jaunes. 20 sont plantés dans le jardin et 5 dans un pot pour l’intérieur (forçage).

- Nettoyage de la plate-bande qui longe le trottoir.

Avant-hier, je vous disais que j’avais bouturé une plante dont je n’ai pas retenu le nom. Ce qui m’énerve. Après contacts avec les propriétaires des jardins, je l’ai : c’est un Jovellana violacea (une petite merveille d’arbuste à floraison bleue en clochette). Merci Jérôme.
Et grâce aux championnes du forum (désolé les mecs !), j’ai les noms manquants de mes autres boutures (Aster lateriflorus ’Horizontalis’ et probablement Aster novae-angliae ’Purple Dome’).
Je viens de découvrir que j’avais déjà vu le Jovellina : en Irlande dans le jardin botanique de Glasnevin près de Dublin.

Samedi 12

Broyage et nettoyage. Rien de bien original… pour tout dire et résumer la journée : la routine.

Dimanche 13

Il y a une dizaine d’années, j’avais planté un Houblon doré (Humulus lupulus ’Aureus’). C’est une grimpante superbe au très beau feuillage jaune. Mais quand je dis grimpante, c’est grimpante… J’avais mis un trépied d’environ 3 m de haut avec des gros tuteurs de châtaigner. Du costaud… Les trois premières années, l’été on pouvait voir une belle colonne jaune. Les années suivantes, la belle est allée se répandre langoureusement un peu puis beaucoup sur les arbustes environnants. Ca ne manquait pas de charme. Ensuite, c’est sous la terre qu’elle s’est mise à cavaler et la cavaleuse a en partie délaissé le trépied pour coloniser et grimper sur les arbres du coin. Notamment un Prunus Padus ‘Colorata’ au feuillage pourpre. Pas inintéressant. Et puis maintenant il y a une tige qui monte sur le trépied, deux qui recouvrent les arbustes et le reste grimpe sur les trois troncs du Prunus taillé en transparence. Si bien que depuis quelque temps je m’interroge sur l’utilité du trépied qui a l’air franchement idiot.

Aujourd’hui, le trépied a donc été enlevé (ça fera du bois pour la cheminée !). J’en ai profité pour raser le houblon (normal il disparaît complètement l’hiver). Le hic, c’est qu’il avait atteint le sommet du Prunus (comme tous les ans) et enlever les lianes enroulées autour des troncs et du moindre rameau ce n’est pas évident. J’ai donc joué les Tarzan sur mon échelle sous une « pluie » de fleurs séchées, celles qui servent à faire la bière. Je vous jure que c’est vrai, j’ai arrosé ça… avec une bonne bière d’Abbaye. Non, pas de ma production, la maison n’est pas une Abbaye que je sache ! Et je ne jardine pas en robe de bure !
Depuis 20 ans, il y a des pieds de raifort dans le potager (ben oui, je cultive aussi des légumes !). Pourquoi avoir mis du raifort ? Si vous y voyez un rapport avec l’Alsace, je dis bravo. C’est tout à fait ça. Seulement voilà, en 20 ans, on n’a jamais utilisé ce raifort ! (quand on veut des légumes, je les rate, quand on en a, on n’en profite pas ! C’est tout moi ça… je suis difficile à cerner, je sais… mais ça ne manque pas de charme !). Et j’en viens à la fin de mon histoire, qui vous passionne, c’est sûr : pour accompagner le pot-au feu de ce soir, en plus de la bonne bière (toujours la même, mais je vous dirai pas son nom), on a enfin utilisé quelques racines de raifort. Ah ça, ça « arrache »… c’est pas un truc pour chochotte des beaux quartiers !

lundi 14

Broyage et nettoyage (tiens, on a déjà lu ça quelque part !)

Mardi 15


Nettoyage d’une plate-bande du fond du jardin. Il y a à cet endroit un Parrotie persica qui commence à prendre du volume. Ces deux dernières années certaines grosses branches ont été supprimées mais je pense qu’une taille par transparence serait la bienvenue. En tout cas je voudrais l’alléger un peu. Aujourd’hui, je me suis contenté de supprimer des rameaux inutiles, notamment ceux du bas pour permettre de donner de l’air aux vivaces qui sont à son pied. Il va falloir y revenir et le regarder de plus près. Il faudrait sans doute attendre que son feuillage (superbe à l’automne) soit tombé.

Mercredi 16

Broyage.
Fin du nettoyage de la plate-bande. Je continue à noter les plantes à déplacer. J’ai donc hâte d’avoir fini. Il reste le potager et la grande bande qui le borde. Mais tout en faisant le ménage, je réfléchis aux endroits possibles pour recaser les plantes à déplacer (oui, je sais faire deux choses à la fois !). C’est ainsi que je crois avoir trouvé la bonne place du rosier ‘Raubritter’ qui trône là où sera la cabane. Ce n’est pas du tout là où j’avais prévu… c’est le 3 ème endroit ! La prise de tête dans quelques jours car il y a plusieurs arbustes et un nombre non négligeable de vivaces qui vont changer d’air.

Jeudi 16

Ce matin, des graines de la clématite ‘Stans’ sont arrivées par la Poste. C’est un envoi d’une membre du forum. Merci Zéphirine. C’est une herbacée (pas Zéphirine mais la clématite !) qui, à mon avis, est une variété de C. heracleifolia. Elle ne dépasse guère 1 m et fait de jolies petites clochettes parfumées. Il y a dans le jardin déjà une heracleifolia mais pourquoi pas 2 et on verra bien où se situe la différence. Encore faut-il que le semis réussisse !
Après une lecture très attentive d’un chapitre sur le semis dans un livre sur les clématites (il ne m’a rien appris !), je me suis lancé avec beaucoup d’application et je dirais même avec encore plus d’application que d’habitude.

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Non, ce ne sont pas des spermatozoïdes mais des graines de clématites.


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Bien répartir les graines sur le terreau spécial semis.
et recouvrir d’une fine couche de terreau.




En début d’été, en nettoyant un coin du jardin, j’avais mis de côté des bulbes de crocus botaniques trop nombreux dans un endroit. Ils commençaient à démarrer donc ils ont été plantés aujourd’hui.

Si vous suivez attentivement mes aventures jardinières, vous devez vous souvenir qu’au dessus du muret au pied de l’Hydrangea petiolaris et près du lierre panaché planté la semaine dernière, il fallait une plante qui dégouline pour cacher un coin du mur et qui monte pour cacher le pied de l’Hydrangea. Ca y est, ça vous revient ? Vous êtes avec moi ? Bien… J’ai trouvé hier : un Muehlenbeckia ! Bon sang, mais c’est bien sûr !!!
Il y en a plusieurs dans le jardin (plusieurs espèces d’ailleurs), mais il en faut un beau déjà bien formé. Et le hasard fait bien les choses : je devais aller dans la grande ville, vous savez là où il y a plein de voitures, des magasins et surtout des jardineries… (toujours le hasard !)
Première jardinerie, après avoir tourné et viré autour des rayons… en vain :
_ Bonjour, je cherche un plant de Muehlenbeckia
_ De quoi ?
_ De Muehlenbeckia
_ Vous voulez dire de Rudbeckia
_ Heu, non… de Muehlenbeckia
A ce moment je vois les grands yeux de la vendeuse qui me fixe d’un air interrogateur
_ Et ça ressemble à quoi ?
Suit une très rapide description et je pars…
Deuxième jardinerie, après avoir tourné etc. etc.
_ Bonjour, je cherche un plant de Muehlenbeckia
_ De quoi ?
_ De Muehlenbeckia
_ Vous voulez dire de Rudbeckia
Cà devient lourd l’histoire du Rudbeckia !
_ Heu, non… de Muehlenbeckia
_ Jamais entendu parler, ça doit être une plante rare.
Je sens que le vendeur me prend pour un hurluberlu à la recherche d’un mouton à 5 pattes…
_ Ben non…
_ Vous écrivez ça comment ?
C’est bien ma veine : jamais été fichu de l’écrire correctement !
_ M-U-E-L… non H-L-E-N-B-E-K… non C-K-I-A
Je sens que je vais péter un câble !
_ Je vais voir dans mon catalogue
Et il revient pour me dire que ça existe bien (ouf, le couillon n’est pas celui qu’on croyait !) mais il n’en a pas.
Troisième jardinerie. Je vous la refais dans son intégralité ? Car le scénario est le même sauf que cette fois on est dans une jardinerie avec une enseigne connue, que j’ai droit à l’attention de 3 vendeurs en même temps et que c’est du genre…
_ Dis donc Marcel (vu l’âge c’est sans doute pas Marcel), tu connais ça ?
(je sens le Rudbeckia arriver)
_ Un Rudbeckia ?
(Là, je suis au bord de la bavure !)
Et s’adressant au 3ème vendeur, j’ai pour réponse
_ ??? (ça, c’est pour dire : pas compris le nom de la plante)
Dégoûté, je ne lâche pas le morceau et je vais dans la dernière jardinerie … mon dernier espoir.
Miracle, non seulement la vendeuse connaissait, mais en plus elle m’en a trouvé un… à la pile électrique car les rayons sont à l’extérieur et il fait nuit.

Conclusion de mon histoire : la prochaine fois je demanderai des pensées, des primevères ou des tulipes, j’aurai peut-être quelques chances de tomber sur des noms de plantes connues ?

Vendredi 17

Plantation du Rudbeckia… zut, du Muehlenbeckia complexa au pied de l’Hygrangea grimpant et d’un Carex brunnea ’Jenneke’ au feuillage jaune (bordé de vert). Il reste à trouver une plante d’une hauteur de 50 cm avec un feuillage plutôt clair pour habiller le pied du Pittosporum. Je cherche… et je trouverai !

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Presque terminé...
mais il manque une plante.



Il y a quelques jours on a eu à déplorer un accident regrettable : une des « grosses » est tombée dans le bassin et s’est cassé le bras. Heureusement, après un séjour dans l’eau assez prolongé, sans pratiquer le bouche à bouche, Zorro (c’est moi !) lui a sauvé la vie et aujourd’hui a procédé à une opération qui s’est bien passée. Après 2 jours de convalescence, elle retrouvera le bord du bassin où elle pourra continuer à papoter dans le plus simple appareil. Je la sens éternellement reconnaissante à son Zorro préféré.

Demain matin, Zorro revêtira ses habits de conférencier pour parler des vivaces inratables à feuillage persistant. Il a dû passer au moins 2 heures à préparer les pots des plantes dont il parlera. Elles seront données à la tombola.

Voilà que je parle de moi à la 3ème personne ! Aïe, ça va pas bien !!!

Un coin du mur de clôture près du rosier ‘Albertine’ (qui fait le trottoir !) recouvert de vigne-vierge est de plus en plus envahi par un lierre. Un lierre basique sans le moindre intérêt, arrivé ici par l’opération du St Esprit… La décision est prise : suppression totale. C’est commencé.

Dimanche 20

Le coin du mur est nettoyé. Le lierre est supprimé. A la vigne-vierge de coloniser l’endroit.
Hier à la conférence, une personne m’a apporté deux plants de Silphium perfolatium. Il faut dire que c’est une plante que je trouve superbe (un faux air d’Helianthus decapetalus). Voir les articles sur le site. On m’avait apporté un plant il y a 2 ans… raté. J’ai acheté un plant… il végète tellement que je le considère en survie. Cette fois on verra bien. Comme le réaménagement du jardin n’est pas encore commencé (suppressions, plantations et transplantations…), les plants de Silphium sont mis en pot. On verra plus tard.

Suite du nettoyage (plate-bande dans le coin près du potager)…

Mardi 22


Le lierre passe dans le broyeur : une brouette de plus de broyat pour mulcher les plates-bandes.
J’aime les plats épicés. C’est la raison pour laquelle, lorsque je vois des racines de gingembre au rayon légumes d’un supermarché, je me laisse tenter. Et c’est ce qui s’est produit pour la 3 ou 4ème fois cet été. L’ennui est que je ne sais pas trop dans quels plats en ajouter (je n’ai pas beaucoup cherché ! et même pas cherché du tout). Si bien que la racine se retrouve… au compost ! Mais cette fois-ci, on a découvert une petite pousse verte. Totalement inattendu…
Hier, un copain jardinier m’a conseillé de planter cette pousse. Il le fait pour obtenir une floraison Sitôt dit, sitôt fait : elle est plantée dans un pot qui restera cet hiver dans la serre. Il faut maintenant trouver des recettes pour utiliser la racine restante !



Samedi, avant la conférence, j’ai mis la petite touche finale au programme 2012 des conférences. Pour celle de juin, proposition de plusieurs thèmes possibles dont un qui me tenait à cœur mais qui, à mon avis, n’avait aucune chance d’être choisi : « un jardin noir et des fleurs vertes ». Grossière erreur : il a été choisi à une écrasante majorité. Je n’en revenais pas.

Je vous avais dit il y a deux ans que la création d’un petit coin noir me tentait bien. Ca ne s’est pas fait. Mais dimanche, en nettoyant le coin proche du potager, j’ai réalisé que c’est là qu’il doit être. Et il se fera durant l’hiver. Je vais donc travailler sérieusement sur les plantes « noires », commencer le jardin et m’en servir de support pour la conférence.
Et ne me dites pas qu’un jardin noir risque d’être triste ou lugubre, ça pourrait faire monter mon taux d’adrénaline !
Presque tout va être enlevé. Il ne restera que le rosier ’Sénégal’ qui, cela tombe bien, est d’un rouge cramoisi donc très foncé.

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on entrera par la petite allée pavée


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le jardin noir à aménager
à droite, ’Sénégal’

Mercredi 23

Noir, c’est noir…et je baigne dans le noir. Non pas que je broie du noir mais ça y est c’est parti. Quoi ? Le jardin noir, bien sûr !
Si je vous dis 19, vous pensez à quoi ? A rien de particulier ? En fait, c’est le nombre de plants d’Ophiopogon planiscapus ‘Nigrescens’ (le feuillage noir par excellence) que j’ai récupérés par-ci par-là dans le jardin. Ils ont été mis en pots et placés dans la serre en vue d’une plantation plus ou moins prochaine. Je ne suis pas pressé : il faut d’abord choisir les plantes, trouver celles que je n’ai pas, faire un plan, et réfléchir car je pars un peu à l’aventure…

J’ai passé beaucoup plus de temps que prévu à préparer ces pots, si bien le nettoyage du « potager » est tout juste commencé.
Petit problème : le radiateur de la serre semble avoir eu un AVC dont il ne se remet pas. J’ai ressorti celui acheté l’an dernier mais ce crétin, quand il se mettais en marche, ne s’arrêtait plus ! Il va falloir réessayer. Pour un peu le froid va arriver et le problème ne sera pas résolu.
Dans la rubrique « petites annonces », lisez bien ce qui suit :
« Jardinier désespéré recherche psy expert en gallinacées capable de soigner deux poules chochottes. Symptômes : refusent de sortir du poulailler quand la porte est ouverte. Les jours de grande vadrouille, elles sortent à un mètre maximum de l’enclos et si on passe dans le coin, elles rentrent à toute vitesse. Traumatisme dans leur prime jeunesse ? J’ai beau caqueter pour les apprivoiser, rien n’y fait. Je me demande si ça ne relève pas de la psychiatrie… SOS »
Ca pourrait s’intituler « Le mystère du poulailler fermé à double tour » :
Il y a une horreur de chat tigré (moche et c..) qui rôde toujours dans le jardin et vient systématiquement se servir dans la gamelle de « La glu » mais qui en plus rentre souvent dans le poulailler dès que les poules sont lâchées. Cet après-midi j’entends les chochottes qui caquètent bruyamment et en plus qui se retrouvent apeurées dans une plate-bande. « Pas normal », me dis-je… Je vais voir dans l’enclos et qu’est ce que je vois ? Le chat… Hé, hé fis-je. Je tiens ma vengeance… Je ferme le poulailler et je vais chercher le tuyau d’eau. Depuis le temps que j’attendais ça ! Et au travers du grillage, je douche la bestiole qui n’apprécie pas du tout. Elle court dans tous les sens et se réfugie dans l’abri. Comme il n’en ressort pas, j’ouvre la porte avec le jet d’eau prêt à jaillir mais… plus de chat ! Ni dans l’enclos, ni dans l’abri. Après vérification, il n’y a aucun passage… Où est-il passé ? Après un Psy, j’aimerais bien avoir l’aide d’un Sherlock Holmes car je ne comprends rien. En tout cas, j’espère que maintenant il a compris, sinon qu’il prépare son maillot de bain, il va resservir !

Il se passe toujours quelque chose dans ce jardin !!!

Jeudi 24

Certains jardiniers, quand ils nettoient le potager, bêchent, sèment des légumes. On m’a même dit, mais j’ai du mal à le croire, cueillent des légumes ! Moi, quand je le nettoie comme aujourd’hui, je désherbe… surtout les allées qui sont pavées et souvent recouvertes d’helxine (non, ce n’est pas un truc qui se mange, même en salade !). Parce qu’il y a beaucoup de mauvaises herbes ? Non, parce qu’il y a surtout des petits plants de fleurs, principalement des ancolies !
Certains jardiniers ont dans leur potager des semis spontanés de légumes, moi je fais dans la fleur ! On fait ce qu’on peut à défaut de légumes ! Il y a même un semis spontané de… plantain pourpre. Du plantain ? Pssss… ridicule ! Certainement pas ! D’abord ça s’appelle Plantago major ‘Purpurea’. Plus classe non… Ensuite, c’est pourpre donc presque noir… (le noir au jardin n’existe pas, c’est du pourpre plus ou moins foncé). Vous voyez où je veux en arriver ? Une dizaine de plants ont donc été récupérés et mis dans un tout petit coin… du potager (y’a ceux qui plantent de la mâche et y’a celui qui plante du plantain !
Pour l’instant il n’est pas question de planter quoi que ce soit dans le futur jardin « noir ». Au contraire, d’ici peu je vais faire le vide.
Actuellement, je commence à consulter les magazines et livres pour m’aider dans mon choix et faire le tri. Mais en fait, j’ai découvert qu’il y a déjà ici quelques plantes adaptées à ce style de jardin.
Si je fais le bilan actuellement, j’ai
- un Pittosporum (sans doute ’Tom Thumb’). Pas d’autres arbustes.
- Dianthus ’Sooty’
- Ajuga reptans ’Jungle Beauty’
- Ophiopogon
- plantain pourpre
- Salvia discolor (en pot... noir ou gris)
- Rosier Louis XIV
- Phormium tenax ’Platt’s Black’
- Leptinelle squalida ’Platt’s Black’
- Iris chrysographes
Youppiiii, ce sont les plantes qui se trouvent déjà dans le jardin ou dans la serre.
Il faudrait que l’on achète
- Hellébore orientalis noire (j’en ai eu une couleur ardoise mais je crains de l’avoir perdue)
- Viola ’Molly Sanderson’ (je l’ai eu)
- Ancolie (j’ai des très foncées, il suffit de les récupérer)
- ETC
Je sens que ça prend forme beaucoup plus vite que prévu.
A suivre.
Il y a une vingtaine de jours, dans le Cotentin, on a vu dans un jardin un petit Viburnum ‘Jackie’. Coup de foudre… Il se trouve que la personne qui était avec nous devait, quelques jours après, passer dans une pépinière située au Sud de Lyon et bien connue pour ses Viburnum (au passage, salut Maurice). ‘Jackie’ est donc ici mais il est mis en pépinière. On verra dans quelques jours où le planter. Pas de précipitation. Avec ‘Jackie’, un petit cadeau de Maurice : des graines de Digitalis ferruginea. Elles sont semées dans une terrine sous la serre (la moitié seulement, au cas où… j’ai une confiance limitée dans mes dons de faire germer les graines !).

Vendredi 25

26ème tonte du gazon

Youpiii… début du nettoyage de la dernière plate-bande. Mais il y a du boulot ! Si j’étais l’Aralia elata (ex) ‘Variegata’ ou l’Euphorbe characias je me ferais un peu de souci !

Samedi 26

L’Euphorbe characias qui avait perdu de sa superbe avec les années est supprimée. Entre parenthèses, il faut faire très attention avec le latex qui coule. Sur les mains ce n’est pas conseillé du tout (c’est le moins que l’on puisse dire car attention aux allergies et brûlures !) mais c’est surtout extrêmement dangereux pour les yeux. A manier avec des précautions infinies. On ne le dira jamais assez.
J’ai passé un temps fou à enlever les rhizomes de l’Artemisia ludoviciana ’Valerie Finnis’. Elle court partout et je me demande si je vais en replanter. Elle avait réussi à se faufiler dans les racines de la clématite texensis ‘Princess Diana’. Heureusement que mes petits doigts délicats (j’ai des doigts de fée !) ont pu séparer la Valérie de la Princesse. Mais quelle galère !
Le problème de chauffage de la serre n’est pas résolu. Le premier radiateur est bien hors-service mais pour l’autre acheté l’an dernier et qui n’a jamais servi, c’est pas gagné ! Cette nuit, le chauffage s’est déclenché lorsque la température est tombée à 2 ou 3 °C (un peu juste !) mais le problème c’est qu’une fois en marche il ne s’arrête plus. A midi, il faisait 18°C. J’ai ajouté un programmateur pour lui couper le sifflet vers les 10 h du matin. Je sens que je n’ai pas fini de me prendre la tête !

Dimanche 27

TERMINE ! Il était temps, car les trous du compost sont pleins à ras-bord.
Je vais enfin pouvoir faire les modifications (déplanter, replanter, aménager et réaménager etc). Et me prendre la tête !
L’Aralia elata ex ‘Variegata’ vit ses dernières heures. On peut même dire que ce soir il est plongé dans un coma profond. Mais avant de tirer sa révérence, il a réussi à me piquer le bout du pouce. Ses épines sont redoutables mais j’aurai le dernier mot. Remettra-t-on un arbre à cette place ? Peut-être. Actuellement je pencherais plutôt pour un Betula nigra (tronc beige) en cépée ou un Cornus controversa ‘Pagoda’. On verra. Dans l’immédiat, il n’y aura plus cette calamité qui drageonne partout.
J’ai taillé un peu 2 clématites qui sont vraiment superbes : ‘Harlow Carr’ et campanulata. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire des boutures. A voir…
Un Nicandra physalodes avait une fleur et des graines. Il est passé totalement inaperçu. Il faut dire qu’il était vraiment rachitique alors que c’est une plante qui peut faire plus de 1,50 m de hauteur et plus d’un mètre de largeur. Cette plante a une histoire. Elle m’a été donnée il y a une quinzaine d’années mais comme elle se ressème partout et qu’elle est assez imposante, je m’en suis débarrassé. La preuve : 15 ans plus tard, il y en a encore ! La fleur est très jolie. Du coup, je vais peut-être en remettre un plant à partir de la graine.

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La graine

Lundi 28

Pas beaucoup de temps pour jardiner aujourd’hui mais j’ai tout de même…
- semé des graines de Cerinthe major ’Purpurascens’. Pas forcément le bon moment mais ce sont des graines oubliées retrouvées au fond d’une enveloppe, tout au fond d’un tiroir. Petite parenthèse : encore une plante qui serait tout indiquée pour le « Black Garden » (oui, je progresse en Anglais !).
L’Euphorbe characias est passée dans le broyeur… Il faudra en remettre une autre car c’est une plante indispensable.
Je me suis acharné sur la souche de l’Aralia. Il souffre, c’est sûr. Je sais, je suis d’une cruauté sans nom, mais qui a pleuré sur mon sort à chaque que je me suis piqué avec ses troncs hérissés d’épines ou ses rejets d’une traîtrise innommable quand je désherbais dans la plate-bande ? Sa mort définitive est programmée pour demain.
La serre est rangée. Plus exactement, sous les tablettes donc au niveau du sol. D’ici peu de temps, dès que la température va baisser (il fait une douceur anormale), il faudra rentrer les potées de plantes gélives (Plectranthus, Salvia discolor…). En fin d’après-midi, surtout si le temps est tristounet, j’allume une bonne dizaine de bougies dans la serre : 4 à 5 degrés gagnés pour quelques heures. C’est toujours ça.
A propos de froid, le pied du Melianthus major a été emmailloté avec un voile d’hivernage vert. C’est tout de même plus discret que les voiles blancs. Une fois dans le jardin, on ne voit qu’eux. C’est seulement la souche qui est protégée. L’an dernier, je m’y suis pris trop tard car le gel est arrivé dès décembre et le Melianthus a souffert.

Mardi 29

On voulait de la pluie… on a eu un bon coup de vent ! Je ne sais pas ce qu’ils font là-haut, mais en 2011, y’a eu du relâchement du côté du petit personnel météo. Y’en a un qui n’a pas dû appuyer sur le bon bouton. Il nous a tout déréglé…
Vu le temps, je n’ai pas trop traîné dehors. Juste assez pour m’acharner sur la souche d’Aralia. Mais il s’accroche le bougre ! Il faut dire qu’avec les outils que j’ai ce n’est pas évident. J’aurais bien besoin de la scie égoïne… mais ça fait une semaine que je la cherche. Elle est quelque part dans le jardin (dans une plate-bande ? dans le compost ?). Pas de problème, je la retrouverai… mais dans quel état ?

Mercredi 30

Il est mort… complètement mort… et moi ça m’a tué cette souche à arracher. L’Aralia a terminé sa vie tronçonné au sous-sol. Il a choisi d’être incinéré, ce qui nous arrange bien pour les longues soirées d’hiver.
A propos de tronçonneuse, on a inauguré celle que l’on a achetée dernièrement. C’est une tronçonneuse électrique bien suffisante pour ce qu’il y a à faire ici. Je commençais à en en avoir ras le bol des branches à scier, plus ou moins correctement, ou bien de faire appel à un voisin. Le jardin ayant 30 ans pour une partie, 15 ans pour l’autre, certains arbres ont de vrais troncs ! J’ai dans le collimateur un pommier ‘Granny Smith’ dont une partie est morte et un Ginkgo biloba qui va se faire raccourcir. A leur place, je me méfierais… mais peut-être ne connaissent-ils pas « Massacre à la tronçonneuse » !
Un des rosiers ‘Fée des neiges’ ne verra pas l’hiver prochain : il dépérissait… il est mort aussi. C’était une bouture faite il y a une bonne quinzaine d’années. Il en reste un ‘buisson’ et un sous forme grimpante. Ils sont d’ailleurs en fleurs.

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Chronique d’un jardin de Bretagne-Sud en novembre 2011

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