Arrosoirs & sécateurs

Chronique d’un jardin de Bretagne-Sud fin novembre 2012

Préambule :

Terminé… Je laisse derrière moi 28 années ! L’électron libre doit maintenant rebondir et avec les nombreux ami(e)s qui le suivent conduire un groupe vers de nouvelles aventures de jardins (visites de jardins, ateliers, conférences…) et bien sûr de recréer un nouveau site internet dont le nom reste secret. J’ai proposé un petit concours pour trouver son nom. Actuellement les réponses sont toutes à côté de la plaque ! Et pourtant, quand on me suit depuis un moment sur l’ancien site, une partie de la réponse crève les yeux !!!
C’est bizarre tout de même de savoir que ce soir je ne mettrai pas en ligne mes élucubrations de jardinier amateur, je dirai même parfois très amateur. Vous ne me lirez que dans… en fait je ne le sais pas trop moi-même.Il paraît que rebondir donne un bon coup de jeunesse. C’est ce qu’une jardinière (connue) m’a écrit dans un mail. Je sens qu’à ce rythme je vais vite redevenir un jeune ado boutonneux.
Un dernier petit mot : je suis complètement dépassé par tous les mails de personnes qui me témoignent leur soutien moral mais aussi qui me disent combien cette rubrique va leur manquer et ont hâte de la retrouver sur le nouveau site. Dans un des mails, j’ai pu lire « Et oui, un de nos plus grands plaisirs est de vous lire tranquillement le dimanche matin... ». Très touchant non ? J’aime me faire désirer !
Avant de reprendre cette chronique (en fait qui ne s’est jamais interrompue), je dois vous avouer que je me suis trouvé dans des situations assez cocasses :
- croiser dans un jardin, je ne sais plus où, une personne inconnue qui me demande si je pouvais lui dire si je connaissais Alain pour parler un peu avec lui !
- rencontrer à l’entrée d’un jardin normand une personne inconnue qui m’attendait.
- bavarder au téléphone avec une autre jardinière connue pour visiter son jardin avec un groupe et qui, au bout de 10 minutes, vous dit « Vous êtes bien Alain ? C’est en vous lisant que j’ai décidé de changer de place toutes mes clématites ! ». J’arrête là, c’est une fidèle lectrice…

Surtout ne vous inquiétez pas pour moi. Tout cela m’amuse. Ma philosophie de vie serait du style « il faut faire les choses sérieusement mais ne pas se prendre au sérieux ».

Et si on revenait dans notre petit 1 200 m² ?

C’est bien ma veine : en ces périodes troublées, j’ai dû faire face à la rébellion de Javotte et Anastasie).
« Y’en a marre de se faire ridiculiser au vu et au su de tout le monde. On veut un droit de réponse et notre mot à dire »… qu’elles ont dit courroucées.
Qu’auriez vous fait à ma place ? J’ai cédé. Vous aurez donc droit aux billets d’humeur des « Nunuches » (ascendant « Prout-prout). Pas sûr qu’elles remontent le niveau intellectuel de la chronique !

Dimanche 18

Il y a pratiquement une semaine que je n’ai pas mis le nez dans le jardin (vous en devinez les raisons) et je découvre étonné les couleurs d’automne du Liquidambar, de l’Acer griseum, de certains petits érables japonais etc.
J’ai une telle énergie à évacuer que je me venge sur le compost. Les trous du compost se vident et celui-ci est répandu sur la plate-bande en cours d’aménagement près de la cabane. Vous vous souvenez ? Ce n’est tout de même pas si vieux ! Les tailles de la haie… les tonnes de broyat de l’Eleagnus et du Berberis darwinii… Toujours pas ? Ok, je vois qu’il était temps de revenir car je passais tout droit aux oubliettes !
Les feuilles recouvrent à nouveau la pelouse : un nouveau bon coup de balai redonne un peu de netteté au jardin. Par contre celles qui jonchent le plancher de la cabane lui donnent un petit air désuet et vieillot qui est de saison. J’aime !
Je vous ai déjà parlé du Rabdosia longituba. Peu connu mais superbe. Il a fini de fleurir. Quelques boutures s’imposaient au cas où…

Mercredi 21

Il est temps que ça se termine (en termes voilés, disons que je parle du règlement de ma sortie de l’association dont je faisais partie. Zut, j’ai perdu son nom (!) et de l’organisation de l’avenir entouré du groupe en train de se former). Passer son temps à dicter du courrier est vite lassant même si ma secrétaire préférée et bénévole (y’a pas de petites économies !) est performante. Quel gaspillage d’énergie !
Bref, entre deux lettres, je m’éclipse dans le jardin une grosse heure de détente. Certains PDG s’offrent une partie de golf ou une virée en yacht, moi c’est plutôt étendre le reste de compost pendant que ma secrétaire continue de balayer… la pelouse.
Il y a un certain temps (depuis un moment je suis complètement hors du temps), j’avais acheté des bulbes de Fritillaria uva-vulpis. Une superbe petite fritillaire que j’ai déjà eue. Il était grand temps de les planter.

Dimanche 25

Pendant notre absence (conférence à Rennes sur le jardin « noir ». 2 h ½ : j’ai fait fort mais j’avais besoin de me défouler !), le vent a soufflé comme il sait le faire en Bretagne. Le Liquidambar est bien déplumé mais les feuilles restent entassées au pied de l’arbre sur la pelouse. Il valait mieux balayer une nouvelle fois. Quant à l’Albizia julibrissin ‘Ombrella’, toutes ses feuilles sont aussi sur la pelouse et quand on passe la tondeuse elles restent souvent en place. Re-balayage. Et tout ira dans le broyeur demain.
Retour près de la cabane, là où j’ai taillé les arbustes il y a une quinzaine de jours. Le bambou (Phyllostachys ‘Aurea’) a plus de cannes mortes que de jeunes cannes vertes. Un bon nettoyage s’impose (je terminerai demain) et tout ira dans la cheminée ces jours-ci.

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Pour le broyeur ou la cheminée.

Et ce soir c’est à nouveau la tempête !

Mercredi 28

En ces périodes troublées (vous voyez ce que je veux dire ?), ou il faut liquider le passé et se tourner vers l’avenir (ça prend forme !), ma principale préoccupation n’est pas le jardinage et je passe plus de temps devant l’ordinateur que dans le jardin.
J’arrive bien à trouver quelques minutes pour fabriquer des bougies (j’avais un stock impressionnant de vieilles bougies et il est pratiquement épuisé). Je suis le Roi de la bougie ! Le soir, la serre est illuminée : Noël en novembre !
Terminé : toutes les cannes sèches du bambou ont été arrachées et elles sont passées dans le broyeur. Un bon paillis dans le fond de la plate-bande que je ne quitte plus depuis au moins 15 jours (avec tous ces évènements je ne sais plus comment je vis).
Demain, je devrais enfin planter et transplanter pour réaménager cette satanée plate-bande près de la cabane. Les idées ne manquent pas, mais gardons le suspense… insoutenable, oui je sais.
« Les grosses » sont rentrées. La température baisse et dans leur tenue très dépouillée, elles risquent de « se cailler les miches ».

A-t-on idée aussi de se vautrer à poil autour des bassins. Au moins nous, dans notre hôtel à courant d’air, on se tient bien chaud l’hiver. Si seulement il pouvait avoir autant d’attention pour nous !

Jeudi 29

Tiens, tiens… quelque chose me dit que l’été est bien terminé car ce matin il y a eu la première bonne gelée et dans l’après-midi la petite doudoune était supportable.
C’est parti pour les plantations dans la plate-bande près de la cabane, celle que je ne quitte plus depuis un bon moment. Quand je parle de gelée, il ne faut pas exagérer, ce n’est pas celle qui empêche de planter.
- Transplantation du Viburnum furcatum. Il fallait le déplacer car à l’endroit où il était il devait avoir trop chaud l’été si bien qu’en début d’automne il n’avait plus une feuille, ce qui est fort gênant pour un Viburnum acheté principalement pour son feuillage d’automne !
- Transplantation du Camellia transnokoensis. Il est déplacé de moins de 2 m mais avec le Viburnum et les autres arbustes déjà en place, il va habiller cette plate-bande de mi-ombre, protégée du soleil par un Koelreuteria.
Pour compléter, devant, quelques vivaces de mi-ombre s’imposaient :
- deux fougères que je suis fier d’avoir obtenues par bouturage des feuilles : Blechum Nova-Zelandiae et Polystychum setiferum ‘Plumoso-Multilobum’. (Merci Joëlle, merci Jérôme)
- Heucherella x ‘Sweet Tea’, Heuchera ‘Bronze Beauty’, Heuchera ‘Citronnelle’, Heuchera ‘Lune Rousse’ : plantes achetées lors de la conférence de Dominique Voisin de la pépinière de la Roche Saint-Louis (une conférence que je ne suis pas prêt d’oublier ! pas seulement parce qu’elle fût brillante…).
- Epimedium récupéré au printemps dans la plate-bande devenue le jardin « noir ». Je suis bien incapable de donner sa provenance : une surprise au printemps.
- Epimedium ‘Lilafee’ acheté à la pépinière du « Clos d’Armoise », une autre excellente pépinière de plantes vivaces de Bretagne.
- Epimedium ‘Gaspard M-T’. Vous vous souvenez pourquoi il a été appelé ainsi ? Attention à ce que vous allez répondre ! Il provient du jardin de Marie-Thérèse pour la naissance de Gaspard. Je dévie mais seulement pour vous dire que le petit père Gaspard commence à bien tenir sur ses jambes dans son parc (Marie-Thérèse aussi, mais dans son jardin… d’hellébores. Marie-Thérèse, si tu me lis… !).
Ce soir, les branches de l’Elaeagnus font moins les malines : elles passent dans la cheminée.

Vendredi 30

3 pots sont rentrés de toute urgence dans la serre : les Salvia discolor et le Plectranthus argentatus n’apprécient pas du tout les gelées : les plantes ont pris une couleur maronnasse suspecte.
J’avais planté il y a un bon moment une Anémone rivularis, une vivace de mi-ombre et de terrain humide. Sa floraison blanche au cœur bleu est superbe mais elle est passée depuis longtemps au jardin des souvenirs. Pas évident de la trouver mais à la pépinière de la Roche Saint-Louis, en commandant les Heuchères, j’ai découvert que Dominique l’avait dans sa collection. Elle est plantée devant la cabane entre des petits rosiers blancs ‘Marie Pavié’.

Ouf, j’ai enfin quitté la plante-bande du fond du jardin à droite de la cabane. Celle de gauche située le long de la rue est en partie nettoyée. Un Dahlia au feuillage pourpre et à la floraison jaune est déterré et stocké au sous-sol.


Petit cadeau de Madame (non ce n’est pas ma fête, quoi que…) : un petit livre au titre évocateur avec des carottes sur la couverture. Y aurait-il un message là-dessous. Je me pose des questions… qu’en pensez-vous ?
J’ai enfin terminé la fabrication des bougies : une bonne quarantaine tout de même.
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