Arrosoirs & sécateurs

Chronique d’un jardin de Bretagne-Sud en juin 2013

Lundi 3

Après un week-end bien chargé (visites de 6 jardins dans l’Orne à 4 heures d’ici), il faut s’y remettre. C’est sûr, retrouver son jardin fait toujours un choc quand on a vu ça…

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Jardin de la Mansonière
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Jardin retiré
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Jardin intérieur à ciel ouvert


Et puis zut, pas de complexes, on fait ce qu’on peut… Pour ma part, j’ai piqué encore quelques bonnes idées dont une qui devrait me permettre de résoudre un problème insoluble depuis 30 ans ! Vous en saurez plus quand je m’y attaquerai.
Les ancolies n’ont qu’une idée en tête : monter à graines. Pas question (je garderai des graines pour donner, mais c’est tout). Les tiges sont rasées par mon assistante en chef. Le jardin en 15 jours a totalement changé d’aspect.
Il faut continuer à barbouiller l’huile de lin sur la serre. C’est long et pénible, d’autant plus que pour atteindre le haut du toit, il a fallu mettre une rallonge au pinceau : un tasseau et un rouleau de scotch… et un escabeau.
Ne pas revenir sans plantes alors que plusieurs jardins en proposaient à la vente eut été incongru. Ont donc été plantés :
- un Hosta jaune (‘June Fever’). Je me suis laissé tenter après avoir entendu les recettes des jardinières du week-end. J’ai surtout retenu : étendre de la « sapinette » c’est-à-dire des aiguilles de pin (et ça ne manque pas ici) et bien nettoyer à l’automne. Bon, c’est vrai que je n’ai vu que de magnifiques hostas ce week-end, alors qu’ici pendant notre absence on a eu droit à quelques visites.
- un Iris sibirica ‘Ruffles Plus’ (bleu foncé)
- un Carex pendula

Mardi 4

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La glycine blanche en arbre est en fleurs.
On ne voit qu’elle ! Elle est vraiment superbe...

Pourquoi n’essayez-vous pas de conduire une glycine en arbre ? C’est d’une simplicité ! Lisez l’article qui explique comment faire. J’y suis bien arrivé, alors pourquoi pas vous ?

Quelle chaleur ! Encore quelques jours comme ça et vous n’allez pas tarder à m’entendre râler car je vous rappelle que je ne me sens bien qu’entre 15 et 23°C. Le chapeau est de sortie car depuis que mon abondante chevelure s’est faite plus rare, un rayon de soleil de trop et c’est le coup de soleil assuré. D’où surchauffe des neurones et c’est pas bon…
D’autant plus que lorsque je suis grimpé sur l’escabeau en équilibre au dessus de la serre pour mettre l’huile de lin, mon corps d’athlète n’en est que plus vulnérable. J’avance doucement mais au bout d’une demi-heure j’arrête car franchement ce n’est pas le truc qui m’éclate.
Il y a deux grands carrés de myosotis. L’un des deux est supprimé car avec la chaleur, les fleurs sont passées de vie à trépas et il vaut mieux limiter la montée à graines.

Jeudi 6

« Chui moite et tout mou ». A quand le retour du temps pourri, froid et pluvieux ?
Ben c’est vrai quoi, j’arrive même plus à suivre la tondeuse. Je me traîne derrière dégoulinant sous mon chapeau qui protège mon crâne quelque peu dégarni. C’était la 11ème tonte de l’année.
Faut-il parler de mes acrobaties sur la serre pour la badigeonner d’huile de lin. J’ai même commencé à barbouiller une petite tablette à l’intérieur. La classe ! Mais vivement que ce soit terminé…
Semis d’Ipomées (à grandes fleurs bleues). J’aime beaucoup et il y a longtemps que je n’en ai pas semé car il faut lui trouver de la place. Il y en a une toute trouvée : le fond du jardin contre la brande de bruyère posée il y a une quinzaine de jours et au pied des arbustes tronçonnés. A souhaiter que ce ne soit pas trop tard car il aurait mieux valu le faire en mai…
Pour être bien sûr que je ne rêve pas, j’ai mis une petite étiquette en terre cuite dans le potager (un petit cadeau !). Oui, ce sont bien des « lettuce », ce qui ne signifie pas poireau, carotte ou radis mais bien laitue. Faut vraiment tout vous expliquer ! (vous écoutiez pendant les cours d’anglais ?)

Il y a une taupe ! Je ne blague pas. Ce midi j’ai découvert trois beaux pâtés dans une petite allée. Il y a une quinzaine d’années, une taupe avait fait connaissance avec le jardin. Mais c’était un spécimen un peu « bas de plafond » car elle faisait toujours la même galerie et la taupinière toujours au même endroit. J’avais bien essayé de mettre des pièges mais j’avais plus de chances de m’écraser les doigts que de « choper » la bestiole. Il faut dire que lorsque le piège était posé, j’avais détruit une bonne partie de la galerie et à mon avis la taupe devait être morte… de rire ! Je me suis donc décidé à faire venir un taupier qui n’a pas fait de sentiments. Paix à son âme… (à la taupe… pas au taupier !).

Vendredi 7

Je sentais depuis deux jours, au vu de ma moiteur ambiante, que ça allait péter et ça a « pété grave » : un bel orage comme je les aime (coups de tonnerre, déluge…). C’est curieux, certains détestent les orages, moi je pourrais regarder des heures la pluie tomber à seaux. Et le jardin va apprécier. Devant m’absenter quelques jours, j’ai une petite pensée avant de partir pour certaines bestioles qui apprécient un peu trop les hostas et les acanthes.

Dimanche 9

Ces derniers temps, je n’ai pas trop eu la possibilité de travailler régulièrement dans le jardin, si bien qu’il commence à réclamer ma présence. Il faut enlever des fleurs fanées notamment. Malheureusement, dans les jours à venir, je ne pourrai être dans le jardin qu’épisodiquement. Aujourd’hui, je n’ai pu y être que deux petites heures ce qui m’a permis de faire un peu de nettoyage, principalement couper des ancolies et enlever un autre carré de myosotis en fin de floraison et qui ne demande qu’à se ressemer.

Lundi 10


Oui, vous ne rêvez pas, ce sont bien des cerises photographiées de la fenêtre de la salle de bain de l’étage. Je les regarde goulûment mais sachant très bien qu’on ne les mangera pas car des volatiles ne vont pas tarder à faire leur apparition et festoyer joyeusement. Le cerisier a été planté (un jour de tempête) en 1980. Sans doute a-t-il été le premier arbre du jardin. Il faut dire que, gamin, je ne compte pas le nombre de cerisiers à qui j’ai rendu visite. Oui, j’ai un passé très lourd et j’aurais pu tomber adolescent dans la cerise comme d’autres tombent dans la drogue. Grimper en haut d’un cerisier qui ne vous appartient pas et déguster les cerises bien installé à califourchon sur une branche : le pied ! (sauf quand on s’aperçoit que le propriétaire vous attend au pied de l’arbre, les copains ayant eu la bonne idée de déguerpir à temps !). Vous comprenez mieux pourquoi je tenais à planter un cerisier ! Les premières années, je me suis bien régalé, perché là-haut sur une branche comme du temps de mes 10 ans. Mais avec le temps l’arbre a poussé, je suis devenu moins agile et il ne me reste plus qu’à regarder les merles me narguer et s’empiffrer de cerises… MES cerises. Avec un peu de chances, je pourrais peut-être en ramasser quelques-unes… sur la pelouse !
Pour aujourd’hui, rien de bien original : je passe de l’huile de lin dans la serre (tablette et table de bouturage) et je continue à nettoyer.

Jeudi 13

Depuis presqu’une semaine je suis obligé pour des raisons diverses de me lever avec le radio-réveil à des heures impossibles : 9 h, 8 h et même 7 h !!! Oui, je sais c’est absolument inhumain et je dois dire que je suis dans un état pitoyable. C’est la raison pour laquelle, lorsque cet après-midi j’ai pu à nouveau me consacrer au jardinage (le jardin en a bien besoin), j’y suis allé très doucement.
Je me suis contenté de faire du vide dans la serre pour badigeonner d’huile de lin une grande partie de la grande tablette où sont mis les pots de boutures.
Ensuite, 3 camellias ont eu droit au taille-haie. Demain une petite séance de broyage s’imposera.
C’est tout ? Ben oui, et c’est déjà pas mal pour quelqu’un en état de décomposition avancée.

Vendredi 14

12ème tonte du gazon. Avant de tondre, je commence par déguster quelques cerises tombées sur la pelouse. Après la tonte, coup de balai pour enlever les cerises qui ne sont pas passées dans la tondeuse. Ensuite, du haut de l’escabeau, petite cueillette sur les branches les plus basses. Je préfère ne pas monter dans l’arbre et me prendre pour un petit cui-cui… ma très légère surcharge pondérale ferait plier la branche et je n’ai aucune envie de m’écraser quelques mètres plus bas.

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Pas beau la jalousie !!!


Et je continue inlassablement à passer de l’huile de lin. Pour gagner de la place dans la serre, j’ai mis des caisses en bois. Je gagne un étage… Ce sont ces caisses que je badigeonne.
Un tilleul d’Henry (Tilia henryana) commence à prendre un peu trop de hauteur. Il perd donc un bon mètre. C’est aussi l’occasion de lui enlever les branches les plus basses qui recouvrent le carré de graminées.
C’est tout à fait par hasard que j’ai trouvé dans un magasin (où j’avais acheté des clématites à moins de 3 €) un Acer de 80 cm environ. Certainement un dissectum, en tout cas son feuillage très fin est très joli. Comment pouvais-je résister à son prix de 14,99 € (ça tombait bien, 15 € aurait été excessif !). Je cherchais un Acer à mettre à droite de l’entrée de la serre dans un bac (sans fond) en pierre au milieu de fougères.


La glycine a perdu de sa superbe. Les épis sont maintenant marronnasses et pendouillent lamentablement au-dessus de rosiers pour former un écran. Les rosiers manquent d’air et de lumière. J’ai commencé à nettoyer mais dimanche il faudra nettoyer sérieusement l’arbre. Pourquoi dimanche ? Parce que demain, 3 visites de jardins dans le Centre-Bretagne sont au programme.

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Triste spectacle...

Dimanche 16

Le Rabdosia longituba est une vivace d’ombre superbe que j’aime. Mais il ne m’aime pas. C’est ce que j’en déduis car je l’ai planté 2 fois : 2 échecs. Il ne ressort pas de terre en fin d’hiver. A l’automne dernier, au jardin du Botrain dans le centre-Bretagne, dans un coin à l’ombre de grands arbres je découvre plusieurs mètres-carrés de Rabdosia en fleurs. Une véritable provocation ! Hier, on était à nouveau au Botrain et Marie m’a donné deux petits plants. Je vais les bichonner : pour l’instant ils ont été mis en pot dans la serre. Ils iront, toujours dans leur pot, en pleine terre d’ici peu de temps. Le pot sera rentré en serre pour l’hiver et ils ne seront plantés définitivement qu’en fin d’hiver. On verra.
J’ai pratiquement terminé le barbouillage d’huile de lin à l’intérieur de la serre. Heureusement car c’est un peu longuet.
En fin d’après-midi les jeunes débarquent et après les petites bises traditionnelles ils foncent sur le cerisier. L’ébrancheur permet de couper des branches et ça dégringole. Gaspard, du haut de ses 16 mois, découvre le plaisir de la dégustation des cerises au pied de l’arbre (aussi goinfre que le Papy !). Et il n’est pas le seul ! Bref, la cueillette a été fructueuse, de quoi déclencher quelques « coliques frénétiques » dans les jours à venir !

Lundi 17

Et une journée de plus où je ne peux pas beaucoup jardiner. Mais pendant ce temps là, ça pousse…
Au moment où je suis prêt à aller au jardin il se met à pleuvoir ! Côté positif : la pluie c’est toujours bénéfique pour les plantes. Côté négatif : ça va encore plus pousser !
Quand il pleut, il faut trouver des occupations à l’intérieur. Elles sont toutes trouvées : broyage dans le garage (au bout d’une bonne heure j’arrête… on verra la suite demain) et réaménagement de la serre. J’adore être dans la serre quand il pleut ou en hiver qu’il fait froid. Il reste un petit coin de tablette à barbouiller et j’aurai enfin terminé.

Mardi 18

Pour la serre, c’est fini. Il suffit maintenant de terminer l’aménagement. Je me demande si, une fois réaménagée, je n’entrerai pas en chaussons dans la serre. Ou alors je mettrai des patins à l’entrée ! A voir…
Taille de la Spirée x van Houttei qui est défleurie. A ce sujet je rappelle une règle simple de taille des arbustes : tailler juste après la floraison les arbustes fleurissant avant la fin juin.
Nouvelle séance de broyage (branches de cerisier, Spirée etc.). Bien entendu, les branches de cerisier sont inspectées avant de passer dans le broyeur et je trouve des cerises oubliées par les jeunes. De plus, je n’arrête pas d’en ramasser sur la pelouse. Côté cerises le cru 2013 est excellent. Je peux confirmer : j’ai les intestins solides !!! Il est d’ailleurs étonnant de ne pas voir plus de merles dans les parages. Bizarre !

C’est reparti pour le nettoyage rationnel du jardin. Donc, vous devez le savoir maintenant, je commence par le coin de jardin situé devant la maison.

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Une coupe de roses est posée sur un banc
Il suffira de changer les fleurs suivant les saisons.

Mercredi 19

Je parlais hier de nettoyage rationnel. Tout est relatif car aujourd’hui je suis passé à l’arrière de la maison. Nécessité oblige…La glycine bleue qui court sur la façade Est a fini de fleurir : il ne faut surtout pas tarder à la tailler… et j’ai un peu trop tardé ! Dans ce cas, elle émet de fines branchouillettes de 2 ou 3 m qui ont la faculté de se glisser sous la bordure en zinc qui longe le toit. Il faut alors couper et tirer, ce qui n’est pas recommandé. Je le fais depuis plus de 20 ans mais cette fois la bordure de zinc s’est en partie décollée de la façade. Une ânerie de plus à mon actif : Allo SOS couvreur !

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la flèche indque la bordure en zinc...
j’ai tout faux !


La journée avait commencé par une séance de broyage. Ce soir, avec les tailles de glycine (et autres arbustes) je peux recommencer… Je profite de la taille de la glycine pour nettoyer la plate-bande qui se trouve au pied. Elle en avait bien besoin… mais elle n’est pas la seule !
En soirée, c’est un vrai déluge : on est en novembre. La gouttière remplie en partie par les chatons du bouleau déborde.

Jeudi 20

Atelier photos cet après-midi, je ne peux donc travailler qu’une petite heure en fin de matinée. En fait, je vais acheter un paquet de graines de giroflée ravenelle. Une année sur deux j’oublie d’en semer. J’ai les graines donc il y a quelques chances pour que je pense au semis ! En allant chercher les graines, je suis « tombé » sur une belle potée de fuchsia pas trop chère. J’ai craqué. Je n’ai pas dû acheter de fuchsia depuis 10 ans. Jusqu’ici je n’avais que des rustiques. Celui-là ne l’est certainement pas donc il vaut mieux le planter en pot. Mais je n’ai pas pas de pot ! (et ça c’est pas de pot !). Donc retour au magasin pour acheter un pot. Bref, une fois revenu, il était temps d’arrêter pour être prêt pour animer l’atelier… Quelle vie !

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Une belle potée
difficile de résister...

Vendredi 21

13ème tonte du gazon
Et une journée de plus sans pouvoir jardiner… ou très peu. Et pendant ce temps là je vois les plantes défleurir, les roses s’abimer à cause de la pluie, les limaces s’en donner à cœur-joie et les mauvaises herbes pousser !
Vous avez eu le droit aujourd’hui à la chronique du jardinier désespéré au bord de la crise de nerfs (et vous, s’il vous plait, évitez la crise de rire car c’est pas drôle… Sniffff.)

Dimanche 23

Pas courageux le Pèpère. C’est pas l’âge (quoi que…) mais c’est le manque de sommeil !
J’étais parti pour continuer le nettoyage à l’avant de la maison mais entre temps je suis passé par ce qui ressemble vaguement à un potager. Et j’y suis resté tout l’après-midi. Quel bonheur de supprimer le liseron parti à l’assaut des framboisiers ! Quelle joie d’arracher les milliers de petits plants d’ancolie coincés entre les pierres des allées ! Bref, en fin de journée j’étais bien réveillé…
Quand on est allés en week-end dans l’Orne, on a visité le « Jardin intérieur à ciel ouvert » à Athis de l’orne. Ce superbe jardin sera très bientôt en diaporama sur « Arrosoirs et sécateurs ». Dans ce jardin d’artistes, on a pu voir des pots recouverts de produit de ragréage et teintés. Superbe… Et en plus c’est certainement la solution pour recouvrir les jardinières que je peins ou que je lasure sans succès car cela ne tient pas.

Il y a quelques jours, avec le Fuchsia, j’ai acheté un pot en terre cuite plus que basique à 1,50 € (tout de même). Aujourd’hui je me suis donc amusé :
- on badigeonne avec un primaire d’accrochage (un liquide blanchâtre)
- on laisse sécher au moins 3 heures
- on mélange du produit de ragréage (mortier) et un colorant pour ciment en poudre. J’ai choisi du noir. Un peu d’eau pour obtenir une pâte que l’on barbouille sur le pot (épaisseur ½ cm environ). C’est vraiment du barbouillage et la surface n’est pas lisse mais très irrégulière. Et on laisse sécher. C’est d’une simplicité et à mon avis, ça ne devrait pas être loin d’être superbe ! On verra demain.

Lundi 24

Je confirme : on adore !

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Et c’est du costaud !
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Avec le Fuchsia c’est encore mieux.


Il faudrait que je fasse un article sur « Arrosoirs et sécateurs » car cette technique me semble excellente. J’ai oublié de dire que l’on trouve plusieurs tons de colorants.
Je suis pris toute l’après-midi par la 2ème séance d’atelier photos mais ce matin j’ai « attaqué » les jardinières (le pot était un essai… concluant) : elles sont vidées de leur semblant de restant de végétation, poncées, nettoyées et barbouillées de primaire d’accrochage.

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Je vous ai bien dit qu’il faut barbouiller...

Mardi 25

2 jardinières sont terminées. Demain, elles seront remises en place. Pratiquement toutes les jardinières de la maison sont sur la façade Nord. On voudrait uniquement des feuillages mais ce n’est pas évident. Les petits lierres ne tiennent pas (manque de terre ? d’arrosage ?). Une autre jardinière et un pot sont préparés. Demain je bétonne !
Semis de lin en pleine terre dans un coin du jardin où le gris domine. Quand j’ai découvert cette plante j’ai fait des semis. Inratable ! Sauf que depuis quelques années je les rate régulièrement.
Plantation de 24 batavias. Mais oui, après ce succès que l’on peut qualifier de brillant les batavias et les romaines sont toutes passées dans le saladier), je fais une nouvelle tentative. Mais je n’insiste pas car j’ai le triomphe modeste.
J’ai beau me creuser la tête, je pense n’avoir rien fait d’autre. J’avais l’impression d’avoir bossé dur mais le bilan est maigre. Il faut dire que les jardinières m’ont bien occupé.

Mercredi 26

Je ne suis pas cardiaque… maintenant j’en suis certain. Après plusieurs tentatives, j’avais renoncé à voir fleurir des Dierama pulcherrimum dans le jardin. Et puis il y a deux ans une amie m’a donné 3 plants de Dierama (3 couleurs différentes : blanc, rose, noir - si je me souviens bien). Je l’avais prévenue : aucune chance de réussite. Mais c’était sans compter sur mes talents cachés car au détour d’une plate-bande qu’ai-je découvert ? Cette petite merveille :

Les deux jardinières terminées retrouvent leur place : au Nord à la fenêtre de la cuisine. Sont plantés : un lierre et deux Asparagus (ces plants étaient dans ces jardinières), deux Asplenium scolopendrium (fougère scolopendre) et deux Rubus parvifolius ’Ogon’. J’essaie cette fougère qui pousse n’importe où même où il y a très peu de terre. J’avais récupéré des petits plants, pourquoi ne se plairaient-ils pas dans les jardinières ? Quant au Rubus (dont le nom semble être trouvé grâce au forum), s’il se plaît, son feuillage jaune donnera de la couleur.

Une nouvelle jardinière et un pot sont terminés. Je crois bien que c’est la première fois que je « bétonne » avec plaisir !
Semis de giroflée ravenelle dans une caissette et une jardinière. Il reste quelques graines qui seront semées en pleine terre dans un petit coin du côté du potager. Ouf, je n’ai pas oublié cette année...
Broyage d’une partie des tailles de ces derniers jours. Au bout d’une petite heure, j’arrête. Faut pas abuser des petits plaisirs !

Vendredi 28

Le jardinage c’est bouturer, semer, planter, se balader dans des jardins… mais c’est aussi l’occasion de faire de belles rencontres. Je connaissais Patrick depuis moins de deux ans et il vient de nous quitter à cause d’une saloperie que beaucoup appellent pudiquement « une longue maladie ».
Quand il est arrivé dans une association dont j’ai oublié le nom, le courant est tout de suite passé. On ne peut pas dire que je le connaissais très bien mais pourtant on a souvent bavardé de choses et d’autres et notamment de notre passion commune : les plantes.
Quand je pense à Patrick, il me vient à l’esprit deux anecdotes :
Un jour qu’il était chez moi pour un atelier de jardinage, je lui ai montré une plante que personne, même des professionnels, n’étaient capables d’identifier. Il a été la seule personne à me dire immédiatement son nom. Il avait reconnu, à mon grand étonnement, le Fuchsia procumbens ‘Variegata’. C’est ainsi que j’ai découvert sa passion pour les Fuchsias dont il a eu une collection. Ayant perdu ce Fuchsia, je lui ai donc donné des boutures. Ca crée des liens !
Il était présent lors d’un atelier de semis au printemps 2012. Il a réussi tous ses semis, moi j’ai tout raté. Quelques semaines plus tard, il était fier de me donner un plant issu de ses semis : la « Suzanne aux yeux noirs ». Je l’ai bichonnée la Suzanne et ô miracle elle a été superbe tout l’été. Depuis, pour le charrier, je l’appelais de temps en temps Suzanne (en privé bien sûr !).
Deux fois il aurait dû participer à un atelier photos. Deux fois il a dû y renoncer. Promis Patrick, si un jour on se retrouve on se le fera cet atelier et on photographiera des Suzanne avec ou sans yeux noirs ! (mais comme toi, j’ai des doutes sur l’au-delà)
Je n’oublierai pas qu’il m’a soutenu dans des moments difficiles il y a quelques mois et cela à plusieurs occasions. Patrick était discret mais efficace. Lorsque la nouvelle association a été créée je n’ai pas simplement souhaité mais j’ai voulu que Patrick fasse partie du conseil d’administration alors qu’il était peu connu.
Oui Patrick, on était faits pour s’entendre, on était faits pour travailler ensemble, on aurait dû continuer à faire des ‘balades jardins’, des ateliers, assister à des conférences ensemble. On aurait dû continuer à parler de Fuchsia et de Suzanne.
Tu vas nous manquer.
Une belle rencontre mais elle fut trop courte, beaucoup trop courte.


Et pour éviter de trop penser à cet après-midi chargé d’émotions, je me suis jeté sur le sac de produit de ragréage et les jardinières. Ca vide la tête.

Samedi 29

Visite de trois jardins dans les Côtes d’Armor au Nord de la Bretagne. La visite du premier jardin le matin (une merveille réalisée par une jardinière qui travaille seule) s’est faite par un temps idéal : un ciel gris. Les conditions dans l’après-midi se sont dégradées : le soleil s’est invité. Ce m’as-tu vu n’a toujours pas compris que je ne veux pas de lui quand je fais des photos de jardins. De toute façon, un jardin écrasé de soleil est beaucoup moins beau. Il ne peut pas le comprendre une bonne fois pour toutes ? Une calamité…

Dimanche 30

14ème tonte du gazon. Avec le printemps que l’on a eu la pelouse est d’un vert… vraiment vert et continue de pousser alors qu’à cette époque elle devrait avoir mis la pédale douce.
Heureusement que cette année on s’absentera en août, car je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé s’il avait fallu partir comme l’an dernier début juillet. Il y a un boulot fou pour nettoyer le jardin. Ce n’est pas tellement à cause des mauvaises herbes car il n’y en a pas beaucoup mais le problème vient de la pousse folle des plantes. Il faut couper, tailler, raser, rabattre…
Aujourd’hui, c’est du jardinage à 4 mains pour essayer d’avancer un peu.
Les roses fanées sont coupées (quel boulot ! mais ce n’est pas le mien…). Je ne supporte pas les roses fanées dans un rosier.
Hier, une bonne fée m’a apporté un beau plant de Prunus glandulosa ‘Albo-Plena’ (il fait bien 80 cm). C’est la même fée qui m’en avait apporté un il doit y avoir deux ans. Qu’est devenu ce plant ? Je croyais l’avoir perdu mais je crois l’avoir retrouvé et planté dernièrement. Et alors ? Il y en aura deux dans le jardin… pas de problème. Le plant d’hier, après avoir passé la nuit les pieds dans l’eau, a été mis dans un assez gros conteneur et mis en pépinière. A surveiller du coin de l’œil. Merci Marie-Claire.
Nettoyage d’une partie du jardin « noir ». J’ai réussi d’un coup de binette malencontreux à couper net au ras du sol la seule tige de la clématite montana ‘Marjorie’. Cette chochotte commençait enfin à vraiment démarrer car la tige faisait au moins 2 m. C’est juste à ce moment là que l’on a entendu quelqu’un jurer violemment (ma bonne éducation m’empêche de répéter ici ce que tout le quartier a entendu… mêmes les oreilles chastes !). Repoussera-t-elle ? Peut-être mais pour plus de sécurité je vais refaire des boutures. Cette clématite est maudite car c’est au printemps 2009 que j’ai commencé à la bouturer ! Résumé du feuilleton : 2009, je bouture… raté. 2010 je re-bouture… réussi. 2011, 2012 elle végète. 2013, elle démarre enfin et aujourd’hui, retour à la case départ !!!
Nettoyage sous la grande arche. Les ancolies sont complètement rasées et au moins une feuille sur deux des hellébores sont coupées. Si j’étais une ancolie ou un(e) hellébore, je me ferais très discrète car le sécateur est actuellement d’une agressivité redoutable. J’avais récupéré des petits plants d’Alchémille mollis. La visite d’un jardin samedi dernier m’a donné envie de faire une bordure d’Alchémille sous l’arche (environ 3 m).
Je ne suis décidément pas cardiaque : j’ai découvert le Viburnum furcatum en piteux état. Il a été transplanté cet hiver. Il était beau il y a peu de temps. Aujourd’hui il n’a plus une feuille et il est très inquiétant. La sécheresse ? Certainement pas. Alors quoi ? J’étais tellement consterné que je suis resté sans voix, ce qui m’a évité de jurer une 2ème fois.
J’ai failli oublier de vous dire que la confiture rhubarbe-orange faite aujourd’hui par ma dame à moi est à tomber… La rhubarbe est du jardin bien sûr (pas les oranges !).



Retour (les travaux des années précédentes sont aussi instructifs que ceux de cette année.)
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