Arrosoirs & sécateurs

Chronique d’un jardin de Bretagne-Sud en juillet 2013

Lundi 1er

Plantation dans les deux dernières jardinières « bétonnées » pour une fenêtre à l’étage. C’est un mélange de lierres décoratifs et de fougères scolopendre.
Un nouveau pot en terre cuite est bétonné.
Après-midi de repos dans le jardin en excellente compagnie. Au programme : balade dans le jardin, gâteaux, boissons, papotage à l’ombre car le soleil cogne… Ambiance très british !

Mardi 2

Quand des jardinières (ou jardiniers) viennent, comme hier, faire un tour de jardin, sans doute voient-ils les plantes intéressantes. Moi je ne vois que les mauvaises herbes et ce qui ne va pas ! J’exagère un peu mais c’est un peu ça tout de même. Bilan : hier soir je me suis dit « Allez mon gars, à partir de demain tu remets le jardin en état ».
J’avais bien démarré ma journée car je suis tombé du lit (8 h !!! inhumain…) et à 9 h 30 j’étais déjà au boulot. J’étais en admiration béate devant mon courage. J’ai donc commencé par bétonner un pot puis par broyer des tailles de ces derniers jours. Ce n’est qu’après que j’ai pu nettoyer un coin du jardin. Malheureusement le petit creux est arrivé et après il ne faut pas rater la petite sieste habituelle (je pourrais faire une thèse sur l’art de la sieste !). Sauf que, m’étant levé à une heure impossible, la sieste a été plus longue que d’habitude et quand j’ai voulu reprendre le boulot, il s’est mis à pleuvoir !
Tout faux !!!
Dépité, je me suis retrouvé dans la serre pour faire quelques boutures, notamment de ‘Marjorie’.
Le jardin n’a jamais été aussi vert à cette période de l’année !

Mercredi 3


Qu’y a-t-il de commun entre une pervenche, un Lithospermum purpuro-caeruleum, une Anémone du Japon, un Montia sibirica ? Ce sont des pestes, des emmerdeuses, des « pousse toi de là que je m’y mette ». Alors imaginez une seconde toutes ces calamités dans la même plate-bande. Croyez-moi, il faut faire preuve d’une force de caractère hors du commun, un courage qui force l’admiration pour pouvoir en venir à bout (momentanément !). J’ai découvert aujourd’hui (en toute modestie, vous me connaissez) que je possédais ces qualités car j’ai passé une bonne partie de la journée à combattre ces fléaux dans les plates-bandes au Nord à l’arrière de la maison.
Les dizaines de plants d’hellébores respirent. J’ai coupé une partie du feuillage mais j’ai découvert sous les feuilles des milliers de petites bestioles blanches qui pourraient être des pucerons. Ces cochonneries transmettent les virus donc je vais sortir l’artillerie lourde (ne criez pas mais pour une fois il va falloir sortir le pulvérisateur.

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Dessous de feuille d’hellébore
Y’a du monde !
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C’est y pas mignon ?
Il parait que bientôt on mangera des insectes ! C’est vrai que c’est mignon à croquer. Regardez le bien : il sera peut-être bientôt dans votre assiette !

Jeudi 4

Le nettoyage continue inlassablement mais j’avance petit à petit, je devrais dire « très petit à très petit ». Pour perdre moins de temps, je renonce à tout passer dans le broyeur. Je travaille donc avec deux grands sacs : dans l’un ce qui va au compost, dans l’autre ce qui va dans le broyeur.

Vendredi 5

Depuis deux ans j’étais dans la brume, ce soir je suis « in the fog ». Je me sens très proche des Anglais ce soir ! Je n’insiste pas : il ne me reste qu’à aller me coucher comme les poules !

Tiens, il faut qu’il ait des problèmes de vieux pour se souvenir de nous ! C’est vrai que nous, on ne traîne pas des heures le soir à taper sur un clavier par exemple pour raconter notre vie dans le jardin. Et pourtant il y en aurait à dire ! Depuis quelques jours on fait la grève : on refuse de prendre l’air ! Un jour il fait beau, le lendemain c’est la pluie donc on a décidé de rester à la maison par exemple pour couver des œufs qu’on aurait pu pondre. Mais de ce côté-là c’est aussi la grève. Ces dernières semaines il y a eu de la visite dans le jardin et on en a marre d’être des poules de luxe que l’on fait sortir pour amuser la galerie.



Pourquoi les avoir appelées nunuches alors que ce sont surtout de vraies râleuses ? Je leur avais coupé le sifflet pour ne plus avoir à lire leurs revendications. Généralement elles braillent pour sortir du poulailler (surtout la grise), depuis plusieurs jours elles braillent car elles ne veulent plus sortir. Cà existe le psy pour poules ?

Samedi 6

Pas de jardinage, bricolage… ordinateur à petite dose… Faut croire que les ophtalmo sont de mèche avec les psy car je vais péter un câble !
J’y vais donc doucement… très doucement (promis M’sieur l’ophtalmo !).
Plantations de 2 clématites (à prix très réduit) ; ‘Justa’ dans un Corokia x virgata ‘Sunplash’ au feuillage jaune, ‘Hagley Hybrid’ au Nord au pied du Camellia ‘Cinnamon Cindy’.
Plantation de 2 plants en fleurs de Campanule takemisana. Ces deux plants, récupérés cet automne dans le jardin, étaient dans la serre.
Un pot de terre cuite de plus de 20 cm de diamètre n’a pas résisté au gel. Il s’est fendu horizontalement à une vingtaine de centimètres de hauteur. Il aurait dû, depuis longtemps, se retrouver à la déchèterie. Il a été bétonné et dedans sont plantés deux plants de Pelargonium sidoides gélifs mais à la floraison pourpre superbe.
Deux pots et une jardinière sont en cours de rénovation.
Le Solidago n’est vraiment pas une plante qui me fait fantasmer. Un plant a été mis une année. Quelques fleurs, ça va. Mais cette année, c’est l’invasion. Stop… tout est parti au broyeur (alors qu’elle s’apprêtait à fleurir) ! Fallait pas !
Stop… M’sieur l’ophtalmo, j’vous jure que j’ai été plus que prudent. J’avais mis mes lunettes de l’hôpital qui protègent bien, en prenant bien soin de ne pas me regarder dans une glace (quoi que, mourir de rire ce doit être drôle non ?).

Lundi 8

Bermuda, chemisette, lunettes de soleil, chapeau de paille … Non ce n’est pas l’équipement du touriste en vacances, mais du jardinier qui se traîne sous une chaleur écrasante. La Bretagne n’est plus ce qu’elle était !
En fin d’après-midi tonte de la pelouse (c’est la 15ème) et taille d’un Deutzia.
C’est bon pour aujourd’hui car même suivre la tondeuse me fatigue. Je vous ai déjà dit qu’au-dessus de 25°C le bonhomme dégouline et se décompose !

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Le rosier ’Toby Tristam’ est superbe.
Un monument ! Mais il y a un rosier-liane dans le jardin, il n’y en aura pas deux !!!

Mardi 9

C’est le 3ème jour de chaleur  : c’est le 3ème jour où je suis dans un état de décomposition avancée ! Je vais être obligé de revoir mon organisation de la journée : jardinage le matin (pardon, en fin de matinée. Faut pas pousser non plus !), travail au frais après la sieste (ordinateur ou travaux - broyage par exemple - dans le sous-sol) puis jardinage en fin d’après-midi ou début de soirée.
Depuis un bon moment je n’arrive pas à jardiner autant que je le voudrais et quand je vois tout ce qu’il y a à faire, ça m’énerve de ne pas avancer. A ce propos, je suis en colère après mon ophtalmo : je lui avais dit de faire en sorte que l’opération de la cataracte me permettre de me sortir du brouillard mais en gardant flou les coins à nettoyer, les mauvaises herbes ou les roses fanées. Avant, je les devinais. Maintenant elles m’agressent !
Je suis toujours dans le béton mais… panne de colorant ! Chômage technique… Dans un pot terminé, plantation d’une Euphorbe ‘Diamond Frost’.
Moi je dégouline mais il y a déjà quelques plantes qui tournent de l’œil (aucun rapport avec la cataracte !). Notamment un Fuchsia magellanica ‘Alba’ qui mesure plus d’un mètre avait les feuilles tristounettes. Attention, il va falloir surveiller. Inutile de dire que dans la serre tout est ouvert (porte et ouvertures sur le toit) jour et nuit. Une petite douche ne fait pas de mal de temps en temps.

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La clématite ’Natacha’ dans le rosier ’Seven sisters’
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La brise est revenue
Je croyais l’avoir perdue. Je parle de la graminée, pas de météo malheureusement (essayez de suivre un peu, vous me désolez !)

Mercredi 10

Encore une journée invivable. D’ailleurs je ne vis plus, je survis dégoulinant de sueur toujours dans la même tenue sexy.
Réfugié au sous-sol, le seul endroit où il reste un minimum de fraîcheur, je broie et je bétonne une nouvelle jardinière. C’est la 9ème et il en reste deux.
En fin d’après-midi, je vais faire des boutures dans la serre (c’est un four malgré les ombrières). Ce sont des boutures du Rubus parvifolius ‘Ogon’ (3 ou 4 gros godets) et de l’Helichrysum petiolare (intéressant pour réaliser des potées).
Dans un pot « bétonné », un petit plant de Dichondra argentea (un rescapé) fait son effet. Son superbe feuillage gris argenté se marie très bien avec le gris-noir du pot. J’adore cette plante mais la belle ne se laisse pas facilement apprivoiser.
Taille du Kolkwitzia amabilis. Sa taille est très différente de celle du Deutzia. Pour celui-ci, il fallait rabattre entièrement les branches défleuries et laisser les nouvelles. Pour le Kolkwitzia, la floraison ayant eu lieu en bout de branches, celles-ci ont été coupées de moitié.

Jeudi 11

La journée avait bien démarré : ciel gris, petit vent du Nord un peu frisquet. Le pied… Retour du pantalon et de la chemise ! Mais au retour de la sieste il était là ! Et la chaleur avec…
Re-broyage et re-béton au sous-sol. Deux jardinières pour la façade Sud sont plantées de succulentes (en fait celles qui y étaient). Elles seront remises en place demain. J’en vois le bout car il ne reste plus que deux jardinières à bétonner.
Nettoyage d’une plate-bande à mi-ombre (il cogne l’animal, même sous le chapeau de paille !).
En soirée (à la fraîche), cueillette de cassis. Au bout d’un quart d’heure je pose un filet car je déteste récolter et les oiseaux pourraient m’avoir repéré et ça pourrait bien leur donner des idées. Je ne me souviens pas quand on a récolté des cassis la dernière fois. Les oiseaux sont toujours passés avant nous. Je me demande s’il n’y aurait pas un coup de mou du côté zoziaux car ils nous ont laissé les cerises, maintenant les cassis. Bizarre…

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Des gelées en perspective...
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Vous aimez les groseilles à maquereau ?
Pas de chance... moi aussi ! Alors, n’y pensez pas trop, même en rêve... Je ne vous laisserai pas une !
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Le prunier croule sous les fruits
Pourvu qu’on en profite avant de partir...

Vendredi 12

Nettoyage : je me suis bagarré avec quelques dizaines de plants d’Anémone du Japon. Une calamité. Demain, j’éprouverai un petit plaisir sadique à les passer dans le broyeur. Le cri de l’Anémone du Japon déchiquetée entre les lames du broyeur… jouissif !
Les deux dernières jardinières sont préparées pour demain.
Bref, rien de nouveau sous le soleil… breton (pas de sarcasme s’il vous plait).
Erreur : ce midi, découverte du dernier exploit des nunuches qui date d’hier. Je vous ai déjà dit qu’elles n’étaient pas du genre aventurières. Rosalie avait visité tout le jardin au bout d’une semaine. En presque deux ans, les deux poulettes de luxe n’ont exploré l’environnement que dans un rayon de dix mètres autour du poulailler. Elles ne vont pratiquement jamais dans le potager (ce qui m’arrange bien). Mais hier je les ai découvertes dans la serre. Un moment de folie ? Par contre, ce que je n’ai pas vu, c’est qu’elles ont trouvé le moyen d’aller faire un trou chacune dans le petit carré de persil près de la serre. Elles ont 1200 m² à leur disposition pour s’épouiller, par exemple entre un plant d’Anémone du Japon et un plant de Montia et bien non, elles ont choisi un carré ridiculement petit où le persil vient de lever. Pile-poil à l’endroit qu’il ne fallait pas. Malgré leur petit QI de poule, elles ont dû se douter que je n’allais pas apprécier : il y avait un œuf dans le poulailler. N’empêche ! Je suis bon pour refaire en partie le semis. Grrrr !

Ben quoi ? Peut pas mettre une pancarte « carré interdit aux nunuches de luxe » ? Comment deviner ? On n’a pas fait des études de botanique. Si seulement il existait des associations d’horticulture pour gallinacées, on saurait peut-être reconnaître un semis de persil. Bien entendu, la sanction est tombée : pas de billet de sortie aujourd’hui. Quel caractère !

Samedi 13

Ca devient lassant : broyage, nettoyage et « bétonnage »…
A propos de broyage, j’aimerais savoir si vous suivez mes aventures jardinières avec beaucoup de sérieux. Je vais donc vous poser une question. Mais je vous préviens, trouver la bonne réponse n’est pas évident, aussi je vous donnerai la bonne réponse demain pour vous laisser le temps de réfléchir.
Ma question : Qu’est-ce que je fais du broyat des végétaux ?
Réponse 1 : Je l’emporte à la déchèterie (ça prend moins de place dans les bennes)
Réponse 2 : Je le répartis dans des petits sacs poubelles et j’en fais cadeau aux copains et copines de jardinage à certaines occasions (apéro par exemple : c’est tout de même plus original que d’apporter une bouteille de vin !)
Réponse 3 : je l’étale sur la terre des plates-bandes fraîchement nettoyées.
Pas évident, mais j’avais prévenu ! Que cela ne vous empêche pas de dormir !

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La passiflore


J’ai un problème avec la passiflore blanche ‘Constance Eliott’. Cette petite merveille ne veut pas pousser et fleurir ici. J’ai donné un plant à une jardinière débutante et depuis deux ans la floraison dans son jardin me nargue. Je me suis décidé à en faire pousser une dans un gros pot dans la serre. Elle pousse… mais les fleurs se font attendre ! Je sens bien que je suis au bord de la crise de nerfs ! Aujourd’hui je l’ai changée de pot : pour un gros pot de terre cuite, j’ai mis un plus gros pot en plastique. Petits malins, vous avez tout compris : je vais pouvoir bétonner le pot qui ira ensuite dans le jardin.


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Il est tout mimi mon potimarron, un peu perdu dans le compost.


Hier soir, nous étions à un apéro-dinatoire entre jardinier(e)s (avais-je apporté mon petit sac de broyat ? va savoir !) et la discussion dériva sur le potager. Moi bien sûr j’écoute et je me fais discret. Vous me connaissez ! Et ils (et elles) parlèrent de potimarron. Ca tombait bien car moi aussi j’ai récupéré un plant de potimarron que j’ai mis dans la serre car je ne lui ai pas encore trouvé sa place. C’est sûr, quand on a un potager grand comme un mouchoir de poche ! Et ces braves gens m’ont suggéré de le planter dans le compost. Comment n’y avais-je pas pensé ? C’est donc fait ce soir.


Ouille, qu’il a fait chaud ! Même à l’ombre.
Les cassis sont cueillis (j’ai trouvé de l’aide !)

Dimanche 14

Deux petites heures de jardinage consacrées aux deux dernières jardinières de la façade Sud, à l’étage. Elles sont replantées avec les mêmes succulentes. La dominante est jaune, ce qui va très bien avec les huisseries bleues. J’y passe beaucoup de temps car je récupère des petits plants à bouturer. De plus, dans une mangeoire à poussins posée sur une fenêtre Sud du rez-de-chaussée, d’autres petites succulentes ont du mal à pousser par manque de terre. Je les récupère également pour les mettre en pot dans la serre. On verra plus tard leur utilisation.
Quant à la mangeoire…

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Une des deux jardinières.


Ah, j’oubliais. Je fais durer le suspense qui devient, je le sais, insoutenable. Oui, c’était la réponse 3 : le broyat est bien répandu en couche épaisse sur les plates-bandes nettoyées. 3 intérêts : garder l’humidité (ce qui n’est pas un luxe en ce moment !), freiner la levée des mauvaises herbes et produire à terme de l’humus.

lundi 15

Grosse journée de jardinage par grosse chaleur. Coup de chance : je devais nettoyer à l’ombre. J’adore les ancolies en fleurs mais en ce moment je les hais. Il y en a partout, le feuillage est couvert d’oïdium, comme tous les ans et je le rase. Je n’arrête pas. Je continue bien sûr à récolter des graines. Pas pour moi, vous l’aviez compris !

Mardi 16

Une journée de m… Désolé, mais c’est ainsi que ça s’appelle.
D’abord il y a toujours ce soleil et cette chaleur insupportable. Je suis en harmonie avec le jardin : je souffre ! Il y a peu de temps encore, j’écrivais que le jardin était bien vert. Maintenant il vire au vert-jaunasse. En plus, il demanderait plus de présence car il y a un travail énorme de nettoyage à faire. Désolant et déprimant. Ras le bol du feuillage « oïdiumé » des ancolies… Ras le bol des Tradescantia qui s’écroulent… Ras le bol des roses fanées… Arrêtez-moi où je m’énerve avec le peu d’énergie qui me reste. Un petit côté positif : à partir de 9 h le jardin redevient à peu près acceptable (erreur : de 21 h, car à 9 h… pas la peine d’insister !)
Et que fait-on quand on est écrasé par la chaleur ambiante ? On cherche un coin encore frais, par exemple le sous-sol, et on broie les végétaux de la veille. Mais que se passe-t-il quand on est dans une journée de m… ? Vous avez trouvé : le broyeur cale et ne veut plus repartir. Et là, c’est un grand moment de solitude car après plus d’une heure perdue bêtement, on capitule et on se dit que l’on va faire sa BA loin du jardin maudit : on va avec la petiote à la plage après quelques tours de manège (pas moi) ! Il paraît qu’il y a des gens qui paient très cher pour s’étendre sur le sable en plein soleil avant de plonger dans l’eau froide (salée en plus…). Moi, tant qu’ils n’auront pas mis de la pelouse et des arbres… Mais c’était ma BA…
C’était la chronique d’une journée de m… Le 16 juillet 2013 n’a jamais existé, c’est une erreur du calendrier !

Mercredi 17

Sympathique balade dans deux jardins de membres de « Balades et jardins ». Les jardins sont écrasés de soleil (il n’y a pas qu’ici que les effets de la chaleur se fait sentir) mais je reviens tout de même avec 176 photos et un nombre impressionnant de petits plants et de petites boutures à faire. Je vous en dirai plus demain.
Ce soir, un peu de fraîcheur - toute relative – me permet de nettoyer la toute petite plate-bande (à peine plus de 1m²) près de la fontaine.

Jeudi 18

Les aoûtats sont de retour !!! J’en ai eu la confirmation à très exactement 3 h 29 cette nuit. « Ca vous chatouille ? ou ça vous gratouille ? ». Ben moi, ça me démange, et tous les ans à cette époque, au niveau des avant-bras. C’est vraiment pénible.
Le broyeur est parti en réparation. Soit c’est le condensateur (ouf), soit c’est le moteur à changer ! (Aïe !). Suspense jusqu’à jeudi de la semaine prochaine. En attendant, il va falloir alimenter le compost, garder le bois pour la cheminée et le reste ira à la déchèterie.
Le matin, la plate-bande du fond du jardin est à l’ombre. Je commence donc à la nettoyer mais il y a du travail. Inutile de dire que dans la journée, je ne travaille qu’à l’ombre. Entre parenthèses, il n’en a pas marre, l’autre là-haut, de toujours se lever à l’Est et se coucher à l’Ouest ? Il ne pourrait de temps en temps se lever au Nord et se coucher au Sud ? Pourquoi ? Pour que les plates-bandes à l’ombre changent de place. Vous me suivez ?
Je passe plus de deux heures pour mettre en pots petits plants et boutures de : Ophiopogon ‘Nigrescens’, 4 variétés de Sedum dont 3 feuillage pourpre, Anthemis à floraison jaune beurre (Normand bien sûr), Cryptotaenia japonica ‘Atropurpurea’, oeillet mignardise, Molinia arundinacea ‘Sky Racer’, Heuchère, 3 variétés de Dierama… et j’en oublie ! Je vous jure que je n’ai rien demandé. Un grand merci à toutes les deux. Promis, je vais bichonner vos bébés.

Vendredi 19


Nettoyage de la plate-bande du fond (suite). C’est un endroit dont l’aménagement ne m’a jamais satisfait. Il va falloir le revoir sérieusement à l’automne en plantant des arbustes caducs. Un nombre impressionnant de touffes de Tradescantia a été rasé. Il va y avoir du vide dans quelques mois !
Le temps était lourd et orageux (« tu bouges un petit orteil et tu dégoulines grave »). Dans la journée, on entend le tonnerre tout autour mais c’est dans la soirée que l’orage éclate. Il pleut. Pas des trombes d’eau mais assez pour ravigoter certaines plantes. C’est toujours ça de pris.

Samedi 20

La pluie a fait du bien mais on a le même temps chaud et lourd aujourd’hui. Je me suis traîné toute la journée et au moment où j’écris il tombe des gouttes car il y a de l’orage dans l’air. Ici il y a un micro-climat qui fait que parfois il pleut aux alentours mais pas une goutte ne tombe sur le jardin.
La plate-bande du fond est nettoyée et j’ai repéré des endroits où planter des petits arbustes. Ras le bol des vivaces cavaleuses ou qui se ressèment partout ! Sus aux envahisseuses !!!

Lundi 22

Difficile quand on a un emploi du temps de ministre (pardon, plutôt de retraité, ce qui est pire) d’avancer le boulot dans le jardin. Je suis obligé de me contenter de tailler le seringat. Cette année, il a pris une très grosse claque. De 2,50 m, il est passé à 30 cm !
Avec mon problème de broyeur, je gagne du temps mais je dois aller à la déchèterie pour évacuer tout ce qui ne va ni au compost ni dans la cheminée.

mardi 23

Nettoyage d’un petit coin de plate-bande.
Semis de persil (merci les poules !) et de lin bleu. C’est une vivace facile à réussir. Il y a quelques années, je réussissais à tous les coups les semis. Depuis un bon moment je les rate systématiquement. Il y a des jardiniers qui s’améliorent avec l’expérience. Moi, c’est l’inverse ! Cette fois le semis est fait dans une caisse en polystyrène profonde.

Mercredi 24

Nettoyage du jardin « noir » et des alentours c’est-à-dire ce que j’appelle le potager. L’endroit est vraiment sec et l’Haloragis erecta ‘Wellington Bronze’ a perdu de sa superbe. Il est rabattu de 60 à 20 cm. Il devrait se refaire une santé (un arrosage copieux l’a déjà revigoré). Il est évident que je surveille les plantes car certaines donnent des signes de fatigue. A souhaiter que le mois d’août ne soit pas aussi chaud. Deux petits plants enracinés d’Haloragis sont mis en pot dans la serre. Ils proviennent évidemment de semis spontanés.

Jeudi 25

Un gros pot en terre cuite est bétonné. On verra début septembre pour y mettre des plants.
Et le nettoyage continue : taille d’une petite spirée, suppression des plants fanés de Cerinthe major ‘Purpurascens’ et bien sûr de nouvelles touffes d’ancolie et de Tradescantia sont rasées. En viendrai-je à bout ?
Ce soir seule Javotte, la poule blanche, est rentrée. Anastasie, la Bantham de Pékin grise est absente. C’est inquiétant ! Bien entendu, impossible de se souvenir quand on l’a vue la dernière fois dans le jardin. On verra demain si elle réapparaît… Il y a deux minutes, j’ai bien cru l’avoir retrouvée car j’entendais du bruit sous un arbuste : c’était un hérisson.
C’est sûr, c’est inquiétant car il s’est forcément passé quelque chose ! Mais quand ?

Z’avez pas vu ma copine ?


Vendredi 26


La tête qu’ils ont fait quand ils m’ont vu réapparaître au détour d’une allée ce matin !
Ben quoi, tout le monde parle de vacances, alors moi j’ai décidé de ne pas rentrer à la maison et de faire du camping sauvage dans le jardin. Dormir à la belle étoile… le pied. Sacrée Javotte, elle est d’un conformisme ! Aucune fantaisie… plan-plan et compagnie. Chochotte n’a pas voulu me suivre. Trop bien élevée celle-là. Si seulement ils avaient prévu de la pluie, on aurait compris que pour ne pas abîmer son brushing elle préférait rentrer dans ses appartements. Moi, que voulez-vous, j’ai un côté rebelle… pas du genre « Sois belle et tais-toi ! ». Si vous l’aviez vu avec sa pile électrique me chercher entre les arbustes… Ridicule !
Ah oui, vous souhaitez savoir où j’étais. Et bien, vous ne le saurez pas. J’ai mes petits secrets !
Bon, le Pépère n’a pas du tout apprécié. Il était tellement en furie qu’il nous a bouclées dans le poulailler toute la journée. M’en fous, je ne regrette rien… mais j’ai l’impression que ça ne va pas être facile de recommencer, car il nous a à l’œil.



Pour être très franc, je n’y croyais pas. On pensait ne jamais la revoir car, comme elles ne se quittent pas, si l’une est rentrée, l’autre l’est forcément. C’est la deuxième fois depuis que l’on a des poules (printemps 2001) que cela se produit. La première fois, c’était le tout premier jour : elles avaient passé la nuit perchées dans l’arbre du voisin car je n’avais pas mis de grillage sur le dessus de l’enclos et comme j’avais oublié que les poules peuvent voler…
Bref, tout est bien qui finit bien…
Je passe une bonne partie de la journée à nettoyer quelques mètres carrés près du poulailler. Et toujours la même chose : rabattre ancolies, Tradescantia etc.
Une partie du jardin a 35 ans, l’autre partie 18. On pourrait penser qu’il n’y a plus rien à faire sinon l’entretien. Que nenni ! On a en projet de faire des modifications importantes dans 3 endroits du jardin. Faut que ça bouge ! On verra ça dès l’automne et je ne vous en dis pas plus. Oui, je sais, j’aime faire durer le suspens. Pourrez-vous tenir jusque là ? Courage…

Samedi 27

Inouï, incroyable, impensable, fabuleux, jouissif, insensé, miraculeux : il a plu presque toute la journée ! Le bonheur…
Et c’est juste le jour que j’avais choisi pour patauger…
Au printemps, j’ai eu la flemme de nettoyer les bassins, je veux dire les trois tonneaux. Bien entendu, ce qui devait arriver est arrivé : les algues vertes ont proliféré au point de recouvrir presque totalement l’eau des bassins.
Je pensais me contenter de changer l’eau mais vu l’ampleur du désastre, j’en profite pour tout refaire : vider les 3 bassins, récupérer les plantes, bien enlever toute trace d’algues vertes, les planter dans de nouveaux conteneurs…
Ce soir je suis loin d’avoir terminé et demain il faudra planter dans les conteneurs et remplir à nouveau les bassins. De quoi m’occuper pour la journée (attention, chez moi, une journée au jardin, c’est maximum 5 à 6 h… pas plus).
Les nunuches ont eu le droit de sortir aujourd’hui dans le jardin. Je suis rentré à peu près dans le même état que Javotte. Quant à Anastasie, elle faisait profil bas ! A-t-elle réalisé qu’elle aurait pu finir dans la gueule d’un renard, d’une belette ou, pire encore, subir les derniers outrages d’un coq lubrique en état de manque ?

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Ben quoi ? Moi aussi je peux jouer les aventurières !

Dimanche 28

Il a plu une partie de la nuit et quelques averses dans la journée requinquent un peu le jardin. Bien entendu, ici en Bretagne, quand le temps change c’est synonyme de vent et ça, j’aime beaucoup moins.
Les bassins sont remis en état. Ce fut plus long que prévu mais c’était vraiment devenu urgent.
_ Quelques petits arbustes achetés au printemps sont toujours en pots. Pour qu’ils ne souffrent pas de notre prochaine absence en août, ils ont été enterrés dans une plate-bande à mi-ombre, une plate-bande à aménager cet automne.
Anastasie rejoue la rebelle. Elle n’était encore pas rentrée au bercail. Cette fois, je crois avoir trouvé sa planque : tout près du poulailler sous l’Heptacodium et la clématite ‘Etoile Violette’.

Lundi 29

Du soleil, des averses, du vent… A mon âge, il n’en faut pas plus pour me perturber : aujourd’hui coup de mou. Pas bien courageux et je préfère jouer avec qui vous savez. Les balades en brouette, c’est pas son truc. Dommage, moi j’aimais bien !
J’ai tout de même nettoyé un petit – tout petit - coin du potager. Tout seul car Môssieur n’est pas encore disposé à travailler. Les jeunes ne sont vraiment plus ce qu’ils étaient !!!
Dans le jardin « noir », un pot contenant une belle touffe d’Ophiopogon ‘Nigrescens’ est bétonné. Il est donc gris-noir… logique non ?
Tous les jours on regarde le prunier qui croule sous les fruits. Seront-ils mûrs avant notre départ ? Je commence à en douter. L’année dernière on était revenus pour la cueillette, sauf qu’il n’y avait rien à cueillir ! Triste vie…
Ce soir, les poules sont rentrées assez tôt. J’ai une technique qui marche assez bien (quand elles sont décidées) : je sifflotte (plus près du gazouillis que d’un air connu passé dernièrement à la Star’Ac ou à The Voice !!!) et elles me suivent jusqu’au poulailler. Oui, je sais, je suis alors parfaitement ridicule mais c’est une affaire entre elles et moi… sans témoins moqueurs qui ricanent bêtement.

Ridicule… Il a trouvé le mot juste !

Mardi 30

Nouvelle taille de la glycine qui grimpe le long de la maison. De nouvelles petites « branchouillettes » se dirigeaient tout droit vers le dessous de toit. Après mes exploits d’il y a un mois, je me méfie !
Le potager-fruitier est nettoyé. Fin du nettoyage… Il reste à peine une semaine pour fignoler le jardin avant le départ, mais le plus gros est fait.

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Les prunes sont toujours désespérément vertes.
Il faut se mettre à 4 pattes pour passer sous l’arbre !


Le Leptospermum lanigerum ‘Silver Sheen’ est taillé assez sévèrement. Curieusement cette année il n’a pas fleuri.
Par contre, deux clématites sont actuellement en fleurs. Les clochettes sont petites (2 à 3 cm) mais vraiment « cocottes ». J’ai une préférence pour la C. campaniflora d’un blanc immaculé, que j’ai eu la bonne idée (ça m’arrive) de la faire pousser dans un arbuste au feuillage foncé (un camellia).

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Clématite campaniflora
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Clématite texensis ’Odoriba’

Mercredi 31

Je frise la crise de nerfs… je suis à la limite de la déprime… je frôle la grosse colère… je suis tout proche de la bavure : le moteur du broyeur est mort et moi il ne me reste plus qu’à broyer du noir. Plus de 500 euros de réparations pour un broyeur valant dans les 550 euros ! On attendra l’automne pour revoir le problème. Mais il va me manquer, car on s’attache vite à ces petites choses. Ne plus entendre le doux murmure (?) de son moteur va être dur à vivre, je le sens déjà. Toutes ces brouettes de mulch que j’aurais pu répandre au pied des plantes. Au lieu de ça, il va falloir faire des allers et retours à la déchèterie pour vider dans des bennes des montagnes de branchages. Ca me couperait presque l’envie de tailler les arbustes.
Mais il ne faut pas se laisser abattre et je passe une bonne partie de l’après-midi à placer une trentaine de plantes en pots ou godets à mi-ombre dans le coin de la plate-bande vide à aménager au retour. Ce sont de belles plantes (achetées ou des boutures bien développées) qui risqueraient de souffrir de notre absence : dans la serre il fait trop chaud dans la journée, devant la serre, la plate-bande réservée pour ces plantes est trop ensoleillée. Il y aura bien une personne qui passera de temps en temps mais je lui donnerai peu de choses à faire (mais avec ordre de se goinfrer de prunes !).
Ce soir, Anastasie l’aventurière rebelle, était encore absente du poulailler. Elle était partie pour une nuit à la belle étoile. Après 10 minutes de recherche, j’avais beau siffloter ou farfouiller sous les arbustes… rien. J’ai trouvé la solution : le jet d’eau façon karcher ! Au bout de deux minutes, j’ai vu une petite boule grise sortir de dessous le liquidambar. 30 secondes après, elle était au bercail, rentrée au pas de course avec le jet d’eau au cul (de poule bien sûr !). Elle va me faire tourner en bourrique !

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Ma récolte de graines d’ancolie...
et ma main ! Oui, on me dit toujours "t’as d’belles mains tu sais"...

Et si je vendais ma récolte, je pourrais peut-être me racheter un broyeur ! A voir...



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