Arrosoirs & sécateurs

Chronique d’un jardin de Bretagne-Sud en février 2021

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Lundi 1er

Le matin, le temps est tristounet et peu engageant. Programme tout trouvé : peinture suite.
Mais le soleil existe encore. Puisque je vous le dis. Il est apparu dans l’après-midi une petite heure tout de même. Ca fait du bien au jardinier qui travaille à 4 pattes entre les arbustes et qui a besoin d’un minimum d’encouragement. 4 plants d’hellébores en fleurs sont déplacés ainsi qu’un tout petit Iris mal placé car trop à l’ombre. Une touffe d’Iris sibirica ‘Tropic Night’ est déterrée et explosée. Cela permet de récupérer une dizaine de petits plants que je replanterai demain.

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Quel que soit le temps, il est au bord de la petite fontaine...
... et il se marre. Et je peux vous dire que les problèmes de Covid, il s’en fiche complètement. Il est heureux...

Mardi 2

Un temps superbe qui incite plus à jardiner qu’à peindre. Pour les salons, on verra donc plus tard.
Donc nettoyage de la moitié d’une grande plate-bande. Découverte d’un nouveau plant d’hellébore en fleurs (blanches et légèrement piquetées). Il est transplanté à un autre endroit où il sera bien mis en valeur. J’ai oublié de prendre une photo… ce sera pour demain.
J’arrache inlassablement des plants d’Allium triquetrum et dès que j’en ai une quantité intéressante, je vais les apporter à ma copine jardinière qui en raffole pour son verger.

Mercredi 3

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L’hellébore transplanté hier
La fleur blanche est toute simple. Au centre, quelques petits points. Sobre mais ne passe pas inaperçue.

Peu de temps à consacrer au jardin (vous en savez la raison) mais j’ai réussi à m’échapper pendant que l’un faisait ses devoirs et l’autre la sieste.
J’ai terminé la peinture des chaises de deux salons mais il reste encore du boulot. Je préfère peindre par petites séances d’une demi-heure quand il ne fait pas beau. Ca durera le temps qu’il faudra…
Les plants d’Iris sibirica sont replantés à trois endroits différents. Ce sont des petits plants car j’ai observé qu’ils prennent très vite de l’importance et cessent de fleurir.
Ce soir, j’ai dégusté à nouveau de l’Ail triquetrum dans la salade. Comme l’an dernier, je vais régulièrement en consommer d’autant plus qu’avec cet ail, on n’a pas « d’haleine de cow-boy » !

Jeudi 4

Un temps idéal pour jardiner. Et je ne m’en suis pas privé. Pour l’instant je travaille du côté de la « cabane ». Récolte pour ma « copine » de deux seaux d’Allium triquetrum mais je m’en suis mis de côté. Mais non, pas pour les repiquer, mais pour les déguster. Vous ne pouvez pas savoir le bonheur que l’on ressent à croquer cette peste. Ma vengeance ! Entre nous, la guerre est déclarée depuis au moins 6 ou 7 ans. Qui gagnera ?
Quand le soleil s’est caché, j’en ai fait autant pour commencer à peindre la table du salon qui se trouve sur la terrasse. On l’aime beaucoup. Il faut donc la bichonner.

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Invasion de perce-neige dans beaucoup d’endroits... j’aime !

Vendredi 5

Le nettoyage avance gentiment… mais avance. J’arrive dans le carré de graminées.

Il y a 3 ou 4 ans, j’avais réalisé un petit carré de différents Carex : notamment Carex trifida ‘Rekohu Sunrise’, C. morrowii ‘Ice Dance’ et Carex conica ‘Snowline’, Carex japanese ‘Trial form’. Ce sont 4 superbes graminées que je vous recommande. Tout ce petit monde a bien poussé à tel point que les plus petits manquent d’air. J’ai donc prélevé une bonne quinzaine de plants de variétés différentes et ils sont replantés à d’autres endroits du jardin. J’aime bien ce genre de plantes car il n’y a pas besoin de trop solliciter les neurones pour leur trouver des emplacements.
Petite remarque : je viens de faire des recherches dans cette chronique et c’est il y a 6 ans que ce carré de graminées a été créé. Je ne me vois pas vieillir (même si certaines articulations me le rappellent !).
Un plant de Polygonum scoparius mal placé (manque de soleil) est transplanté dans un coin plus ensoleillé.

Samedi 6

C’est le printemps !!! Si, si… en tout cas ici. Un soleil superbe. Pour un peu j’aurais pu jardiner en chemise sans aucune polaire. Mais à mon âge, il vaut mieux être prudent et ne pas trop jouer au gamin.
Le carré de graminées est entièrement nettoyé. Pour l’instant, la taille des graminées a été peu sévère. J’y reviendrai sans doute plus tard mais actuellement je me suis surtout servi du peigne pour chien plutôt que du sécateur.
Trois autres plants d’hellébores (non fleuris car trop jeunes) sont déplacés.

Lundi 8

Si un jour j’abandonne le jardinage, mon avenir ne sera pas dans les prévisions météo. Je ne serai jamais la nouvelle Evelyne Dhéliat ! Pourquoi ? Samedi j’annonçais l’arrivée du printemps. Mais aujourd’hui j’ai eu froid toute la journée et maintenant devant l’ordinateur j’ai mis plusieurs petites laines car je n’arrive pas à me réchauffer. J’ai même entendu que l’on annonçait de la neige en Bretagne !!! En Côtes d’Armor peut-être, mais pour nous les sudistes, cela m’étonnerait.
Pour commencer la journée, petite séance de peinture. En fait, j’ai passé une couche de Rustol sur 2 chaises et un coq. Il y a tous les éléments de décoration à remettre en état. Donc c’est loin d’être terminé.
Et pour varier les plaisirs, nettoyage d’une partie de la plate-bande du fond. J’ai récupéré un Hydrangea qui n’a jamais voulu démarrer. Il est mis dans un pot dans la serre. Vais-je pouvoir le sauver ? Pas sûr du tout. Pour tout dire, il fait pitié.

Mardi 9

Il paraît que la Bretagne doit être recouverte de neige. Peut-être, mais le Morbihan ne doit plus en faire partie car depuis ce matin, en plus du froid il pleut. Autant dire que mes ardeurs pour jardiner ont été vite anéanties. Et je ne peux même pas me consoler en me remettant au ski…
Comme vous pouvez le deviner, je me suis remis à la peinture. Une partie de la ménagerie (lapin, cochon, pintades…) a reçu une couche de Rustol. Il était temps car la rouille gagne du terrain.
Est-ce bien utile de dire que j’allume des bougies dans la serre ?

Jeudi 11

Grosse surprise ce matin : la neige s’est invitée dans le jardin. Cela n’avait pas dû se produire depuis au moins 20 ans. C’est sûr, ça fait drôle. Dommage que ce ne soit pas arrivé hier car j’aurais pu faire une bataille de boules de neige avec nos deux petits mecs.
Un petit tour dehors pour prendre quelques photos et retour au chaud dans le garage pour peindre puis direction ordinateur.
Non, je n’ai pas sorti les skis bien que le fond du terrain soit un peu pentu. La raison ? Il n’y a pas de remontées mécaniques ! Et moi, avec mon âge avancé, je ménage mes efforts.



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Les crocus botaniques sont moins flamboyants !

Vendredi 12

Bon, la neige c’est beau quand ça tombe. Le jardin recouvert d’un tapis blanc ne manque pas d’intérêt, on peut même faire des photos originales. Mais quand c’est le dégel (comme aujourd’hui), le décor perd de son charme et pour tout dire c’est plutôt moche. Les hellébores ont un petit aspect « mou du genou », les feuillages sont tristounets. Bref, vivement que les températures remontent et que le jardin reprenne de la vigueur.
Quant au jardinier, il tourne un peu en rond et s’occupe comme il peut. Pour tromper l’ennui, j’ai continué encore un peu la peinture. Certains objets terminés ont été remis en place et je me suis enfin décidé à broyer les quelques tailles de ces derniers jours.
Une partie de la ménagerie...



En ce moment les oiseaux sont déchaînés. Les sacs de tournesol défilent. Il paraît que les oiseaux disparaissent. Normal, ils se sont donnés rendez-vous ici.

Ce soir, il ne reste pratiquement plus de neige. Ouf !

Samedi 13

Retour à la normale. Je ne pense pas qu’il y ait des dégâts à craindre. Les fleurs du Camellia ‘Cinnamon Cindy’ sont, comme après chaque gelée plus marronnasse que blanche mais dans quelques jours il aura retrouvé sa splendeur. Le Melianthus n’a pas du tout aimé mais ce n’est pas grave. Une fois taillé (ce qui aurait été fait sous peu de toute façon), il se fera oublier jusqu’au printemps. A part ça, je n’ai rien noté d’alarmant.
Il fallait bien, après une nouvelle séance de peinture, retrouver le chemin du jardin. Le plus dur est de faire le premier pas car il ne fait quand même pas très chaud (autour de 5° C) et puis après… C’est un peu comme se baigner dans les eaux chaudes (?) de la mer en Bretagne ! (enfin, je dis ça, mais c’est un vague souvenir qui date de plus de 40 ans alors que l’on habite à 1 km de l’océan !). Un carré a été nettoyé (j’ai passé un temps fou à enlever des petits plants d’Allium triquetrum, alors que je l’avais déjà fait il y a un mois. Saleté…). Ensuite, j’ai commencé à vider un trou du compost qui a été répandu sur ce coin du jardin. C’est d’ailleurs surtout la paille du poulailler, mais c’est excellent car ce coin n’a jamais été très enrichi. En fait c’est un carré que je délaisse un peu, certainement parce que je n’ai jamais réussi à l’aménager correctement. Je compte m’y attaquer au printemps (les fêtes des plantes sont faites pour ça !).
Ce soir, à nouveau un petit feu de cheminée bien mérité… j’adore !

Dimanche 14

Début du nettoyage d’une nouvelle plate-bande. Et celle-ci va me demander du travail. Le Melianthus major est rasé. Il en avait bien besoin car l’hiver dernier, pour la première fois, il n’avait pas été taillé : il n’y avait pas eu d’hiver ! Ce soir, il est à l’état de broyat ! Une petite boule de buis est déplacée de deux mètres. Mais 2 m qui changent tout. Cela faisait un bon moment que je l’avais dans le collimateur car là où il était cela ne me plaisait pas du tout.
Je continue à vider un peu le compost. Une brouette de temps en temps. En tout cas il est évident que je sais où seront mises les brouettes de compost (entre 10 et 15 comme à chaque fois) : là où je travaille en ce moment.
Achat hier d’un nouvel outil. A mon avis il doit être très utile pour la plantation des vivaces.

Lundi 15

La plate-bande est pratiquement nettoyée. Je ne suis pas mécontent du travail effectué. 2 grosses touffes de Miscanthus sont rasées. Il était temps de le faire car les tiges fanées tombent tout autour et ça fait désordre. De nouvelles feuilles apparaissent.

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Il reste à nettoyer le coin serre, ancien potager et jardin noir.

Mardi 16

La journée a mal démarré : du crachin. J’ai donc commencé par repeindre la girouette à double hélices mais l’appel du jardin a été le plus fort et j’ai donc continué à vider le compost (ça réchauffe !). L’après-midi le soleil est revenu donc suite du nettoyage du côté des 16 grosses boules de buis.
La semaine dernière en nettoyant une plate-bande j’ai enlevé un Sedum (peut-être ‘Matrona’). Il était mal placé car trop à l’ombre. Il y a longtemps que je devais l’enlever. De plus, on a acheté une Primula double blanche et deux Viola cornuta. Mais la neige est arrivée donc les plantations n’ont pas pu se faire. Maintenant elles sont faites et je pense avoir choisi les bons emplacements.

Mercredi 17

La girouette et des éléments de déco repeints sont remis en place.

Un trou du compost est vidé complètement mais l’autre n’est pas complètement plein donc je vais attendre un peu pour remplir à nouveau le trou que je viens de vider.

Jeudi 18

Peu de temps à consacrer au jardinage : il y a des jours sans…
Un peu de peinture : je me demande si un jour j’aurai terminé ! J’en suis toujours à repeindre les éléments de déco (aujourd’hui c’était des supports pour clématites). Ensuite il y aura deux salons de jardins en ferraille qui s’abîment. Il faut savoir que tous les éléments de déco restent dans le jardin quelle que soit la saison. L’hiver n’est pas la saison la plus intéressante, mais si en plus tout ce qui fait la déco a disparu il y a de quoi déprimer. En fait il n’y a que les « grosses » autour du tonneau qui sont rentrées à cause du gel qui pourrait les faire éclater (il faut dire que leur tenue vestimentaire est un peu légère pour des températures trop basses !).
Gaspard m’a aidé à couper puis broyer les tiges de papyrus qui étaient brisées à cause du vent. Il faudra tout raser à la fin de l’hiver car le feuillage n’a pas du tout apprécié la neige. Mais pour l’instant… prudence. Le feuillage restant protège les souches du froid.

Lundi 22

Vacances scolaires = petits-enfants = peu de jardinage
En ce moment ils sont trois et ça déménage ! Avec Gaspard, on plante 4 Saxifrage arendsii. Il y a longtemps qu’il n’y en a plus dans le jardin et c’est un tort. Ecrire un article sur cette plante m’a donné envie d’en remettre.

Un peu de nettoyage du côté du carré de buis pendant que les trois zozos se coursent dans le jardin.

Mardi 23

Il ne reste pratiquement plus que le jardin « noir » à remettre en état, ce qui ira assez vite. Et ensuite ? Il faudra faire quelques tailles d’arbustes et bien sûr tailler les rosiers, ce qui pour moi est une corvée.
A propos de taille, j’ai rasé les framboisiers. Je ne suis pas sûr que cette taille se fasse dans les règles de l’art mais peu importe. Entre parenthèses, la récolte des framboises ne nous étouffe pas. S’il n’y avait que moi...

Mercredi 24

Les deux petits mecs sont de retour au bercail mais Célestine leur cousine est là pour la semaine. Depuis plusieurs jours elle réclamait pour jardiner avec moi mais je risquais de me retrouver avec 3 apprentis jardiniers et je craignais que ça tourne vite fait à du n’importe quoi. Ce matin, elle a donc jardiné avec moi plus d’une heure avec beaucoup d’application, ce qui m’a étonné car son cousin au bout de 10 minutes passe à autre chose. Ensemble on a donc fini le nettoyage (jardin « noir » et le coin autour de la serre). De plus, elle a planté pratiquement toute seule un beau plant d’hellébore qui se trouvait dans un pot dans la pépinière près de la serre.

Mais l’après-midi je me retrouve tout seul...
Je continue le nettoyage de la clématite ‘Winter Parasol’ qui recouvre en partie la grande arche. C’est très loin d’être terminé alors que j’avais déjà commencé à la tailler en décembre. Cette clématite est d’une vigueur incroyable et pour tout dire elle est trop envahissante.
Taille de 2 rosiers buissons et d’un Hypericum arbustif (Hypericum inodorum ‘Golden Beacon’)

Jeudi 25

Célestine était dans les startings-blocks ce matin pour aller jardiner. Mais au bout d’un quart d’heure ses ardeurs jardinières sont tombées à zéro car elle s’est piquée à la seule ortie qui doit exister dans le jardin !
Un coin de plate-bande est en ce moment envahie de perce-neige et d’hellébores. Mais il y a un petit problème : entre ces deux merveilles il y a aussi une mauvaise herbe tapissante mais facile à arracher et des boutons d’or. J’ai donc passé un bon moment à désherber tout en faisant attention à ne pas piétiner les perce-neige et les hellébores. Du sport…
Pour terminer la journée, un salon de jardin qui s’abîme sérieusement est recouvert de Rustol pour arrêter la formation de rouille. Mais il faudra bientôt faire quelque chose avant que quelqu’un en s’asseyant ne passe au travers de l’assise d’une des chaises.
Il ne manquait plus que ça !!! Cela fait trois fois que je vois des petits rats cavaler dans le jardin ! Comme par hasard, près du poulailler, une belle galerie au pied d’un Pittosporum est apparue. Etant un grand défenseur des animaux, depuis une semaine je les nourris. J’en suis à la deuxième boîte mais pour l’instant l’efficacité est douteuse. Au fait ne répétez pas ce que je viens d’écrire à ma copine (?) Brigitte Bardot.

Vendredi 26

Peu de temps à consacrer au jardin…
Plantation d’une Aubriète deltoidea achetée dans le magasin de… bricolage où j’étais allé pour renouveler mon stock de peinture. Les fleurs assez grandes sont d’un très joli bleu-violet. Il y a une petite jardinerie franchement basique, mais je ne peux pas m’empêcher d’y faire un tour. Des fois que...

Taille (suite) de la clématite ’Winter Parasol’. En viendrai-je à bout ?

Samedi 27

Il y a des jours où le jardinage consiste à passer d’une corvée à une autre ! Ce fut le cas aujourd’hui. J’ai continué la peinture de deux salons de jardins et terminé par deux heures de taille de la clématite ‘Winter Parasol’. Et bien sûr je n’ai pas terminé ! Sans doute vous posez-vous la question : « Pourquoi faut-il autant de temps pour tailler une clématite ? ». Tout simplement parce que c’est une clématite aussi poussante qu’une C. viticella. Elle recouvre de ses milliers de tiges la grande arche mais aussi des arbustes plantés le long de l’arche. De plus, un rosier arbustif se trouve coincé dans tout ce bazar. Il y a bien longtemps qu’il ne fleurit plus. On ne voit plus que quelques branches qui sortent à plus de 2,50 m. Avec l’âge, je deviens raisonnable (ceux qui me connaissent ne vont pas me croire) car j’ai mis des gants. Tailler une clématite ou poussent des branches de rosiers que l’on ne voit pas, c’est un peu risqué.
La journée se termine par du broyage et j’ai donc obtenu une belle brouette de broyat.


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