Arrosoirs & sécateurs

Crapauds et orvets

Parfaitement inoffensifs, ils sont nos alliés très actifs au jardin. Ils n’attaquent jamais et nous fuient. Pourtant, à cause de la peur irraisonnée ou de la répulsion qu’ils déclenchent chez certains d’entre nous, par méconnaissance de leur mode de vie, nous les massacrons sans état d’âme.

Et si, faisant l’effort de maitriser notre premier réflexe de rejet, nous apprenions à les connaître mieux ?

Le crapaud

Non, le crapaud n’est pas dangereux, il est même parfaitement inoffensif. Sans chercher plus loin, ni courir après le dictionnaire, on le reconnaît au fait qu’il se déplace sur terre et non pas dans la mare. Un amphibien dans un massif de fleur, dans un potager ou le long d’une haie n’est pas une grenouille mais un crapaud. Sa couleur varie du beige au brun avec une gorge plus claire.
Sa réaction devant l’homme est évidemment la fuite mais, en admettant que nous le touchions, contrairement à ce que nous pensons, il n’est pas gluant mais humide, ne mord pas puisqu’il n’a pas de dents et ne crache pas.
Certaines espèces de crapauds secrètent une substance toxique, uniquement active sur les muqueuses. Nous ne prenons donc aucun risque en le prenant en main car il ne viendrait à l’esprit de personne, pas même d’un enfant, de le porter à sa bouche.

Le crapaud commun ou “Bufobufo spinosus”, amphibien de l’ordre des Anoures, autrefois très répandu dans les jardins et prairies dont il affectionne les zones humides, est un bon vivant et un gros mangeur. Après avoir hiberné d’octobre à mars, il nous proposera ses services tout en se faisant plaisir, en détruisant des quantités impressionnantes d’insectes divers : larves, araignées, vers, limaces, coléoptères, fourmis, etc. Il joue donc un rôle important dans la régulation des insectes de notre potager en nettoyant nos salades et, au jardin d’ornement, en bichonnant nos hostas...

Seul le mâle chante. La femelle est nettement plus grosse que son compagnon (10 à 18 cm contre 7 à 12 pour le mâle). Les deux possèdent de bons gros yeux globuleux mordorés.
Il n’est pas inutile de rappeler que la grenouille n’est pas la femelle du crapaud. Il s’agit de deux espèces différentes. Le crapaud ne vient dans les mares que pour se reproduire, contrairement aux grenouilles qui y vivent.

Adulte, il doit se méfier des prédateurs tels que la couleuvre à collier, le hérisson, la corneille et, lorsqu’il est encore à l’état de larve dans l’eau d’une mare, des poissons et tritons, mais l’homme est le plus grand ennemi du crapaud.
Dans le jardin d’abord, par l’utilisation des anti-limaces et autres insecticides. En effet il suffit qu’il avale une limace empoisonnée pour que son espérance de vie (18 à 20 ans) soit brutalement abrégée. Sur les routes ensuite, lors des périodes d’accouplement, lorsqu’il les traverse au printemps à la recherche de son lieu de ponte près des marécages et autres points d’eau où il est né et, enfin, à cause de la destruction massive de ses lieux de vie avec les assèchements systématiques des zones humides et marécageuses.

Expérience vécue : si l’on prend l’habitude d’apporter de la nourriture à notre crapaud (limaces, escargots), il lui faudra peu de temps pour se laisser approcher et même il nous suivra jusqu’à notre porte. Il s’apprivoise très bien sans chercher les caresses. Rassurons-nous, il est bien éduqué et n’entrera pas dans la maison.

Heureusement, le crapaud, après avoir fait l’objet d’un terrible génocide, est devenu un animal protégé et, lorsqu’on prend le temps de le connaître, un animal sympathique.

L’orvet


Bien plus commun dans les jardins, sous nos climats, que la couleuvre, il est trop souvent confondu avec elle ou avec la vipère à cause de son corps long, lisse et sans pattes. Il paie de ce fait un lourd tribut à l’ignorance des hommes. Il est donc important pour le jardinier de pouvoir le reconnaître.
L’orvet est un lézard. Le seul lézard apode d’Europe (c’est-à-dire possédant un corps totalement lisse sans membre saillant).
Comme le lézard, l’orvet peut laisser sa queue à un ennemi : elle repoussera plus sombre, rigide et bien plus courte. Sa couleur varie du gris au brun doré avec le ventre noir pour le mâle et avec des bandes longitudinales pour la femelle, plus petite que le mâle qui, lui, peut atteindre environ
50 cm. Son œil est petit, protégé par des paupières mobiles.
Dans le jardin, il restera dans la partie la plus ombragée et la plus humide car il a toujours besoin de la proximité de l’eau, ne serait-ce que des flaques d’eau de pluie. Il hiberne dans un endroit très au calme, en creusant un terrier recouvert de terre ou de mousse ou sous une litière de feuillus lui assurant un lit bien chaud pour l’hiver. S’il peut mener une existence tranquille, son espérance de vie est d’environ 30 ans.

Son régime alimentaire est en tous points identique à celui du crapaud. Il a les mêmes lieux de vie. Ses prédateurs naturels sont toutefois plus nombreux que ceux du crapaud adulte. Il fait la convoitise des hérons, rapaces, faisans, hérissons. Les chats domestiques sont les plus redoutables de ses prédateurs.
Mais pour eux, comme pour le crapaud, leur pire ennemi est l’homme. Bon nombre de ces animaux sont massacrés dès qu’ils sont repérés, car confondus par erreur avec des serpents.

C’est donc à nous, amateurs de jardins et premiers concernés, à apprendre à les apprécier et les faire connaître à nos enfants et à nos proches afin qu’ils soient mieux respectés. Il faut considérer leur présence comme une chance et un privilège.
Si l’un ou l’autre de ces animaux apparaît dans notre jardin dès la fin de l’hiver, faisons donc l’effort de bannir de nos plates-bandes les insecticides et anti-limaces qui les affament et les intoxiquent. De plus, ils sont passionnants à regarder vivre.

Un article de Michelle Saint Guily.
Merci à Yo pour les photos d’orvets.

Crapauds et orvets

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