Arrosoirs & sécateurs

Boraginaceae - Les Boraginacées - (descriptions et usages)

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Une fleur de Bourrache


Famille largement répandue sur les deux hémisphères, et sous tous les climats sauf extrêmes, de tempéré à tropical, avec une prédilection marquée sur le pourtour méditerranéen. Elle inclut environ 205 genres et 2500 espèces, dont 23 genres et environ 500 espèces tropicaux. Je vous fais grâce de sa classification au sein du règne végétal. Sachez qu’il s’agit d’une angiosperme dicotylédone et que nous avons affaire, dans l’hémisphère nord, essentiellement à la sous-famille des Boraginoideae… où elle cousine de très près avec la famille des Hydrophyllacées, classification modernisée oblige (phylogénétique).

De par sa distribution géographique, c’est, de fait, une famille de plantes très intéressante pour nos jardins. Même si l’éponyme est une méditerranéenne typique (Bourrache viendrait de l’Arabe abu ‘araq via le moyenâgeux borrago), elle a, par ses caractéristiques, servi de “modèle” à toute la famille dont bien des représentants sont sauvages ou naturalisées chez nous.
C’est un fait qu’il est assez aisé, pour un œil moyennement averti d’en reconnaître un membre : la présence de “poils” rendant le toucher de la plante plus ou moins rêche est un signe majeur.
Cependant, sans nier l’importance botanique et leurs vertus indéniables en phytothérapie*, c’est avant tout en jardiniers que nous regardons ces plantes, car leurs atouts décoratifs et leur facilité d’installation sont remarquables en tous points.

* Comestibles, sudorifiques, émollientes (Bourrache), tinctoriales, cicatrisante (Consoude)…

Les fleurs


C’est aussi une signature : le plus souvent bleues au mauve-rouge et jusqu’à l’indigo, elles font, avec le Myosotis, entrer le printemps dans nos jardins. Mais on trouve aussi du blanc plus ou moins lavé de jaune (petite Consoude) et même des jaunes éclatants (Onosma, Cérinthe…) et une gamme étendue de rouges. De fait, le bleu va aux plantes de milieux forestiers frais, semi-ouverts ou prairies humides et bord de l’eau, le jaune aux plantes de rocailles sèches et milieux steppiques. Question : est-ce destiné aux butineurs de ces milieux respectifs ?

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Anchusa azurea ‘Dropmore’

La forme de l’inflorescence est souvent une cyme plus ou moins serrée, souvent déroulée d’une formation en “queue de scorpion” assez fréquente. Très mellifères, elles attirent les pollinisateurs qui en assurent la fécondation et de ce fait la rapide mise à fruit et le mûrissement précoce, le tout assurant la dispersion importante de la descendance. Il semblerait que la couleur de la corolle, changeant avec la nature et la composition du nectar, soit une incitation au butinage.

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Cerinthe major ‘Purpurascens’
Des bractées bleu violacé métallique protégeant des fleurs tubulaires pendantes pourpre.

Le feuillage


Outre leur toucher rêche qui pourrait les rendre parfois difficiles d’approche, la grande diversité de forme et de couleur (et la “pilosité”) sont un atout au jardin d’agrément.
Si les feuilles de la bourrache, des Anchusas ou de la Consoude n’ont rien d’enthousiasmant, on ne peut qu’admirer les veinures et taches des Brunneras et des Pulmonaires, sans oublier la finesse mousseuse des Lithodoras. Les Cérinthes et Mertensias au toucher moelleux, presque gras sont des exceptions notables, mais la teinte bleutée et la pruine qui les décore sont un plaisir visuel de plus. A accorder aux couleurs vives alentour : le feuillage pérenne argenté de certaines Pulmonaires. Effet garanti même en automne (Sédum et Rudbeckias ?)

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Le feuillage de l’Anchusa, recouvert de poils, est rugueux



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Mertensia maritima

Le système racinaire et aérien

L’endroit où nous allons leur demander de pousser et leur fonction prévue induiront forcément le choix de ces caractéristiques.
Selon que vous prévoyez d’occuper un sol frais ou sec, à exposition ensoleillée ou à mi-ombre ; qu’il s’agisse d’occuper rapidement le terrain, de façon pérenne ou occasionnelle, il faudra installer “the right plant in the right place” . Alors que le Myosotis, opportuniste et peu frileux, prendra tout seul ses “quartiers d’hiver” et même de printemps, vous ne planterez pas les Lithodoras les pieds dans l’eau, ni les Brunneras en plein soleil d’après-midi, sous peine de graves déconvenues. Laisser la petite Consoude et ses rhizomes sans limites contrôlables occuper le terrain à sa guise est un moyen sûr de la détester, idem pour le Trachystémon orientalis et ses larges feuilles très décoratives par ailleurs. Vous avez là deux couvre-sol efficaces, à ne pas négliger ! Par ailleurs, la bonne santé évidente de la racine charnue de la Consoude (une fois “installée”) peut affoler le jardinier frileux, toujours inquiet des racines fortes (signe, entre autres, de résistance à la sécheresse).
Le grandes tiges de la Bourrache et des grands Anchusas peuvent manquer de tenue et s’affaler après une grosse pluie, mais, outre le fait que, souvent, cela dénote un terrain trop riche, on peut aussi trouver du charme à leur affalement qui fait surgir ça et là leurs étoiles bleues parmi les voisines plus raides.

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Echium pininana
Peut atteindre 6 m. Meurt après avoir fleuri mais se ressème abondamment.
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Echium

Usages autres que décoratif

Nous avons affaire ici à une famille “qui soigne”, et la Pulmonaire, la Bourrache, la Consoude, ont longtemps fait partie des “simples” à conserver à portée de main. Toutefois, certaines (dont la Consoude) ne sont à employer qu’en usage externe.
Par ailleurs, beaucoup d’entre elles ont des propriétés tinctoriales (racine, feuilles ou fleurs) comme l’Alkanna tinctoria (Orcanette) ou la Buglosse officinale.
Enfin, comment passer sous silence la “saveur d’huître” des fleurs de Bourrache et des feuilles de Mertensia maritima (Oysterleaf en anglais).
En matière de phytothérapie appliquée au végétal, presque toutes ont une action ou une influence bénéfique. Les Consoudes, en particulier le cultivar Bocking 14, sont de véritables “pompes à nutriment” qu’il est aisé de restituer en surface, en hachis revigorant à destination de plantes gourmandes ou mal armées pour prendre par elles-mêmes au terrain la nourriture essentielle. Il semblerait en outre que cette action se double d’un renforcement et d’une stimulation des résistances aux agressions. Miraculeux, n’est-il pas ?
Quant aux usages pharmaceutiques à destination humaine, mieux vaut, au maximum, grignoter quelques corolles de Bourrache, et s’en tenir aux “usages externes” de plantes aux qualités réelles, mais aux constituants parfois inquiétants que sont des alcaloïdes puissants.
Comme la plupart de ces plantes sont originellement des sauvageonnes apprivoisées, ouvrez l’œil lors de vos balades dans la nature : vous apprendrez beaucoup de leur biotope et de leur voisinage favori. Et puis, le Net est une source incroyable de savoir, alors que les catalogues de pépiniéristes restent un peu timorés !

Pierre RICHARD (Président de la Société d’Horticulture de Quimper), le 18 septembre 2010

Sites à consulter

http://nature.jardin.free.fr/vivace/cb_symphytum-officinale.htm
http://det68.free.fr/jardin.html
http://sophy.u-3mrs.fr/photohtm/FI276.htm
http://www.afleurdepau.com/Flore/boraginaceae/f.htm
http://www.jardinexotiqueroscoff.com/famille/20/boraginaceae.html
http://crdp2.ac-besancon.fr/flore/flore/flor_bora.htm
Pour les botanistes :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Boraginaceae
http://www.conservation-nature.fr/famille-Boraginaceae.html

Bibliographie

Encyclopédie 15000 plantes (Bordas),
L’essentiel sur les Boraginacées (SNHF),
La Bourrache, Bernard Bertrand (le Compagnon végétal, éd. Terran),
La Consoude, Bernard Bertrand (le Compagnon végétal, éd. Terran),
Plantes vivaces mode d’emploi, Didier Willery (Ulmer),
Le monde insouçonné des plantes de rocaille, Jean Lefebvre,
Les couvre-sols, David Mc Kenzie (éd. du Rouergue),
220 mariages de plantes au jardin, Alain Delavie (Rustica),
Compositions florales au jardin, Michel & Geneviève Gallais (Édisud),
A book of Blue Flowers, Robert Geneve (Timber Press [en anglais]).

Suite : Les Boraginacées pour nos jardins

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