Arrosoirs & sécateurs

Les lotus

(famille des Nelumbonaceae)

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Lotus ’Pekinensis Rubra’


Sans doute la plante la plus merveilleuse que nous puissions voir dans un bassin. En Asie, elle est synonyme de beauté et de pureté. Je n’ai jamais rencontré personne qui soit resté insensible à sa beauté. C’est une sorte de perfection faite fleur et tout dans le lotus est remarquable, y compris le feuillage. C’est pourquoi, même sans floraison, vous restez admiratif devant son feuillage qui est tout un décor à lui tout seul.
Il existe deux variétés de lotus, toutes deux rhizomateuses :
- le nymphea nélumbo nucifera, originaire d’Asie et d’Afrique, à fleurs roses. Maintenant, on trouve de nombreuses variétés de couleurs, depuis le blanc jusqu’au rouge.
- le nymphea lutea, originaire d’Amérique du Nord et qui, lui, est à fleurs jaunes.

Description
Ces deux variétés de lotus possèdent de magnifiques feuilles, beaucoup plus imposantes que celles des nénuphars. Les premières de ces feuilles sont peltées, orbiculaires, à la surface de l’eau. Ensuite apparaissent des feuilles beaucoup plus grandes d’un beau vert franc et qui ont la particularité de se dresser très nettement au-dessus de l’eau, parfois à un mètre selon les variétés. Elles sont à limbes concaves et portées par de fortes tiges.
Ces feuilles sont veloutées et contiennent une matière cireuse qui les rend imperméables et qui fait qu’elles retiennent joliment les gouttes d’eau qui ressortent sur leur couleur verte comme des perles.
Au milieu des feuilles, poussent de puissantes hampes florales avec à leur extrémité des fleurs énormes comme de grosses pivoines et très spectaculaires, qui ne durent que trois jours. Elles peuvent atteindre 20 à 25 cm de diamètre et sont généralement odorantes . Elles se succèdent du 15 juillet à mi-septembre dans notre région et de début juillet à fin septembre dans le sud de la France.
A la défloraison, les pétales tombent et laissent apparaître une grosse capsule, percée d’alvéoles comme une pomme d’arrosoir. Ce sont les fruits et les organes reproducteurs de la plante.
Est-il raisonnable d’envisager une plantation de lotus en Bretagne ? Oui, car ils peuvent très bien supporter nos hivers régionaux. Les revues spécialisées parlent de résistance jusqu’à –15° s’ils sont plantés entre 40 et 60 cm de profondeur. Il est rare, sinon inexistant d’avoir de telles gelées en Bretagne : donc nous pouvons acclimater les lotus dans des bassins.
D’autre part, il existe des variétés naines et miniatures de lotus chinois. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un grand bassin pour les adopter. Ils peuvent même décorer une terrasse. Ils se cultivent comme les autres, mais ils ont moins besoin d’espace et peuvent se contenter de bacs de 50 à 200 litres pour les variétés naines et de 5 à 20 litres pour les variétés miniatures.
Pour obtenir des fleurs, ce n’est pas une question de température hivernale, mais bien de température et d’intensité de la lumière estivales. Il est essentiel de les planter dans un endroit le plus ensoleillé possible. Plus la saison est ensoleillée plus il y a des chances d’avoir de belles floraisons. S’il y a insuffisamment de soleil (c’était le cas en 2004) le lotus peut ne pas fleurir, c’est dommage mais, de toute façon, le feuillage est tellement beau et original à lui tout seul que cela vaut la peine quand même d’acquérir cette plante. Par contre, le lotus aimant la chaleur humide, il a été nécessaire de les asperger pendant l’été 2003 où l’air était très sec.
Dans la nature, les lotus poussent dans les marais et les eaux peu profondes et comme les nénuphars, ils n’aiment pas les eaux courantes, ils ont besoin d’eaux calmes.

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Lotus ‘Flavescens’


Culture
Le rhizome du lotus est très traçant. Il forme ce que l’on appelle des “bananes” (des parties renflées) qui donneront les futurs rhizomes. Les lotus, s’ils se plaisent poussent très vite et deviennent très vite envahissants. Il est donc nécessaire de leur réserver dès le départ, un grand contenant et si possible un emplacement à part dans un bassin de façon à ce qu’ils n’étouffent pas les autres plantes. Si votre bassin est petit, son implantation est à exclure si vous désirez y mettre d’autres plantes. Il est particulièrement intéressant dans un jardin de pouvoir leur réserver un bac pour eux seuls, enterré ou non comme on le ferait pour une petite piscine.
Déplacer ou empoter un lotus est une opération délicate car son bourgeon est extrêmement fragile. Il casse, dit-on “comme du verre”. En fait, en prenant toutes les précautions, il est naturellement transplantable, heureusement car il lui faut beaucoup d’espace.
Un bac de minimum de 1,50 m de diamètre et de 60 à 80cm de profondeur est donc recommandé dès le départ.
Pour transplanter un lotus fraîchement acheté, la meilleure façon est de préparer son futur contenant dans lequel on aura tout d’abord mis une couche de 15/20 cm de terre riche (fumier bien décomposé ou terreau). Continuer le remplissage avec de la bonne terre de jardin argileuse bien tassée pour éviter toute déperdition à la mise en eau.
Faire basculer doucement, en aidant de la main, le lotus avec sa motte dans le nouveau contenant en le plaçant à l’horizontale et recouvrir légèrement avec la terre argileuse. Attention à ne pas recouvrir les points de croissance et à ne pas les casser car sinon le pied est perdu.
Recouvrir d’une bonne couche de pouzzolane catégorie fine (pierre de lave) ou de graviers (sauf aux points de croissance) pour empêcher la terre de s’évacuer à l’immersion. Immerger doucement à la bonne place.
Procéder de la même façon si vous transbordez un lotus déjà chez vous et qui a pris de l’extension, mais dans ce cas, conservez un ou deux nœuds dotés de bourgeons terminaux.
L’achat d’un lotus en Bretagne, ne doit pas se faire avant le mois de mai, ainsi que la division des rhizomes. Trop tôt acheté, celui-ci risque de souffrir du froid encore possible lors de son installation dans son nouvel élément. C’est à cette époque qu’apparaissent les premières feuilles (avril au sud de la Loire).
Petite astuce : Lorsque vous allez acheter des lotus, nénuphars ou autres plantes aquatiques, ne pas oublier d’emporter dans le coffre de la voiture de grands sacs en plastique genre poubelle, ou un grand bac, car ces plantes sortent de l’eau et ruissèlent. Il est préférable de les laisser baigner dans leur eau. Il n’est donc pas recommandé de passer ensuite sa journée à faire trop de tourisme ou de les laisser dans la voiture en plein soleil hors de leur élément trop longtemps. Arrivé chez vous, même si vous n’avez pas le temps de vous en occuper, mettez le pot tout de suite dans le bassin de façon à ce qu’il soit largement couvert d’eau.

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Lotus ‘Kermessina’


Reproduction et multiplication
Les fleurs de lotus portent des fruits. Ils ressemblent à une pomme d’arrosoir percée de gros trous. Chacun des trous porte un ovule qui, lorsqu’il sera fécondé donnera une graine grosse comme une noisette. Le nombre d’alvéoles varie selon la force du sujet (entre dix et trente). Il paraît que le fruit encore vert est comestible…
Cette pomme grossit au fil de la saison, puis arrivée à maturité, elle se penche pour libérer ses graines qui tombent sur le sol. Avant de se décomposer dans l’eau, la tige porteuse se casse quelques centimètres en-dessous de la pomme et celle-ci tombe, face contre terre. Les graines restant encore dans les alvéoles ont ainsi une chance de se développer quand même.
Les graines doivent être stratifiées à une température minimale de 25° dans des godets remplis de terre franche et recouverts de 5 cm d’eau.
Il faut augmenter la profondeur d’eau et la taille des pots jusqu’à ce que les plants soient suffisamment développés pour la plantation (cinq feuilles).

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Les fruits du lotus


Maladies
La présence de pucerons est courante et elle se traite comme pour les nénuphars. Ces attaques ne risquent pas de faire mourir la plante, mais elles sont disgracieuses. Les lotus n’aiment pas être dérangés, donc l’élimination des pucerons au jet d’eau ne doit pas être journalière. Une fois tous les quinze jours peut se supporter. Si vous avez la patience et qu’il fait beau pour prendre un bain de pieds, vous pouvez aller dans votre bassin nettoyer délicatement les feuilles en les immergeant quelques instants dans l’eau (ou à l’aide d’un bâton).
Si vous n’avez pas de poissons, vous pouvez utiliser les anti-pucerons du commerce.
Les feuilles peuvent aussi s’abîmer sous l’action d’une pluie violente, de la grêle, d’eau stagnante à sa surface, mais rien de grave.
Elles peuvent aussi être attaquées par diverses maladies qui provoquent des tâches brunes mais ne mettent pas la vie de la plante en danger.
Les tiges qui portent les feuilles sont creuses. Si vous voulez enlever une feuille vraiment abîmée, il faut éviter que l’eau ne rentre dans la tige. Couper nettement au-dessus de l’eau.
L’hiver, pour éviter la pourrissement des rhizomes, laisser les feuilles posées à la surface de l’eau se décomposer suffisamment pour l’enlever à la main en laissant le moignon de la tige qui est à sa base. Laisser celles qui surplombent se déssécher et ne les enlever qu’au printemps. A ce moment-là (mars/avril) vous pouvez couper les tiges sous l’eau. C’est également faisable en novembre, mais l’eau est plus froide…

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Gouttes d’eau sur feuille de lotus


Entretien
Le lotus est une plante très gourmande et pour obtenir une belle floraison, il est nécessaire, comme pour les nénuphars, de mettre de l’engrais au printemps, mais uniquement de l’engrais à diffusion lente, type “osmocote” que l’on trouve partout dans les bonnes jardineries (Latour Marliac recommande une pastille tous les mois de mai à juillet ou deux selon la taille du bac). Vous enfoncez le doigt dans la terre du bac, puis un petit bâton pour aller un peu plus profond et vous introduisez le bouchon. Recouvrir le trou.
Conclusion
Les lotus, mis à part les nains ou miniatures, demandent un grand bassin ou un bassin à part, en plein soleil. Il faut accepter certaines années sans floraison ou très peu lorsque l’été est maussade. Pourtant, il vaut la peine d’être adopté, rien que pour ses feuilles qui sont uniques par l’ampleur, la majesté et la beauté. Il fait de toute façon l’admiration de tous ceux qui le regardent et devient l’attraction principale du jardin par son côté exotique et rare.

Conférence de Michelle Saint Guily avec la participation de Jean-Pierre Bouttin, samedi 19 février 2005

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