Chronique d’un jardin de Bretagne-Sud en juillet 2026
Jeudi 2
Satané soleil. Quand aura-t-il fini de jouer les m’as-tu-vu ? Aujourd’hui j’ai beaucoup arrosé. Principalement aux pieds des arbustes qui souffrent ou qui pourraient souffrir.
14ème tonte du gazon. Il jaunit à certains endroits mais à mi-ombre il reste vert. Bien entendu je tonds assez haut pour ne pas le fatiguer.
Le sol du poulailler est bétonné. Je sais maintenant que je suis plus futé qu’un blaireau mais suis-je plus futé qu’un rat ?
Vendredi 3
Départ pour le Finistère
Samedi 4
Guénolé et Gaston ouvraient ce week-end (et le week-end prochain) leur jardin. C’est le « jardin Kériel » dans la région de Brest. Nous l’avions visité fin mai 2019 avec le groupe « Arrosoirs et sécateurs ». C’est, à mon avis, l’un des plus beaux jardins de Bretagne. On ne pouvait pas ne pas y retourner, d’autant plus que nous devions de toute façon aller ce week-end dans le Finistère.
Que dire du jardin ? En 2019 j’avais écrit que c’était un bijou. Aujourd’hui, les plantes ont beaucoup poussé et maintenant c’est encore plus beau qu’un bijou !





Lundi 6
Cà y est, c’est reparti ! Il fait une chaleur insupportable et aller jardiner est vraiment une corvée. Au soleil c’est impossible et à l’ombre c’est tout juste acceptable.
Il faut dire aussi que cette nuit je n’ai pas dormi du tout. C’est la première fois de ma vie que je fais une nuit blanche. Alors j’ai lu un bouquin (« le silence de Betharram ») : commencé hier soir, il était pratiquement terminé ce matin.
Je suis tout de même allé dans le jardin. Plutôt en fin d’après-midi (guère plus d’une heure). Inutile de dire que je me suis beaucoup traîné. J’ai commencé par nettoyer le tour du poulailler, c’est-à-dire que remettre la terre en place et supprimer les trous des galeries faites par les rats. Reste à surveiller s’il y a de nouvelles tentatives. Hier il y avait un 3ème rat mort.
Ensuite j’ai fait un semblant de nettoyage. Vraiment un semblant car la chaleur commence sérieusement à dégrader le jardin. Quand je pense au jardin de Guénolé et Gaston, j’ai le moral dans les chaussettes. Dans un peu plus d’une semaine on s’absente et je n’aurai pas le temps de tout remettre en état donc je vais faire le minimum. De toute façon, au retour il faudra reprendre le jardin à zéro.
Mardi 7

Nettoyage du jardin devant la maison (en fait je me contente de faire la partie à l’ombre car je tiens à ma peau ).
Je continue à vider le 2ème trou du compost. Il y a intérêt à ne pas trop traîner car je suis obligé de mettre les déchets nouveaux dans des grands sacs.
Un peu de broyage (c’est ce que je préfère faire en ce moment car je suis au frais, au sous-sol). Et j’en profite pour faire du vide.
Mercredi 8
Pas trop courageux avec cette chaleur. Je finis toutefois de nettoyer devant et sur le côté de la maison.
Jeudi 9
Très franchement je n’en peux plus mais il faut préparer le jardin pour notre absence qui s’annonce.
Ouf, le compost est complètement vidé. Coup de chance, j’ai eu la bonne idée il y a plus de 40 ans de faire le compost à l’ombre. Il faut dire que le Pittosporum tenuifolium aide beaucoup. Le compost m’a bien occupé car c’est tout ce que j’ai fait.
Vendredi 10
Ras le bol. Je n’en peux plus. J’ai réussi toutefois à faire un peu de nettoyage à l’ombre… dans une tenue très très légère.
A cet endroit il y a un Albizia qui a une superbe floraison. Petit (ou gros ?) problème : les fleurs tombent et recouvrent une partie de pelouse et plusieurs plates-bandes. Avec la souffleuse et un grand râteau à gazon, je nettoie. Ce soir, ce coin paraît moins négligé. Un conseil : surtout ne plantez pas cet arbre au dessus d’une terrasse.
Bien entendu j’arrose car tous les jours je découvre des arbustes mal en point. Je n’ai jamais vu ça. A notre retour, comment sera le jardin ? Je n’ose pas trop y penser...
Samedi 11
Devant la maison, le long du mur de clôture existent une haie d’arbustes persistants et un cognassier (le fruitier). Problème : les arbustes ont beaucoup poussé si bien qu’ils débordent au-dessus du trottoir. Aujourd’hui je me suis décidé à tailler en épaisseur (au sécateur) un Abelia, un Choisya ternata, un Cocculus laurifolius, un Jasminum humile, un Osmarea burkwoodii, et un Eleagnus ebbengei ‘Gilt Hedge.
Résultat : 5 brouettes bien pleines de broyat. Et en ce moment, répandre du broyat entre les plantes n’est pas un luxe.
Avec la chaleur qu’il fait je ne travaille guère plus d’une demi-heure dehors. Ensuite je rentre dans la maison ou au sous sol pour être au frais. Et puis je ressors 1/2 h. Etc...
Dimanche 12
Démoralisé, dépité, désabusé, découragé, dégoûté… C’est un résumé de mon état d’esprit en ce moment. A chaque virée dans le jardin je découvre des plantes qui souffrent. Aujourd’hui je n’ai pratiquement rien fait à part pulvériser sur le trottoir du vinaigre blanc sur les mauvaises herbes. Entre parenthèses, l’effet du vinaigre sur le liseron est impressionnant (en quelques heures le feuillage est complètement grillé). L’ennui est qu’il agit sur les feuilles mais ne semble pas avoir d’effets sur les racines. J’ai lu sur internet qu’au vinaigre il fallait ajouter du liquide vaisselle pour que se soit plus efficace au niveau des racines. Je veux bien. A voir.
Du rangement dans le sous-sol au frais est plus agréable que de cuire comme une saucisse sur un barbecue (c’est ce qui se passe à 1 km d’ici sur la plage !).
Lundi 13
Miracle !!! Il a bien plus cette nuit (à partir de 4 h 21 ! Je sais parce que les coups de tonnerre m’ont réveillé).
Mais ce doit être une erreur de la nature car aujourd’hui le soleil est revenu. La chaleur est plus supportable mais c’est limite.
Je vais vous faire un aveu : depuis les canicules le jardinage est devenu une corvée. C’est la première fois que cela m’arrive. A partir de la fin de la semaine, le jardinier sera en vacances pour 3 semaines… et j’ai hâte !
Découvertes de nouveaux arbustes qui ont soif, notamment des Hydrangeas et un Viburnum ‘Jackie’ (qui fait tout de même 2 m). J’en ai vraiment marre de passer mon temps à sauver des plantes. Je ne sais pas comment la personne qui vient surveiller le jardin pendant notre absence va s’en sortir. J’ai de grosses inquiétudes. L’Acer acheté lors de notre séjour en Gironde est toujours en pot pour être planté à l’automne. J’ai découvert aujourd’hui que ses feuilles sont complètement grillées. Le pot a baigné un bon moment dans l’eau et il est placé à l’arrière de la maison complètement à l’ombre. J’espère le sauver.
Un petit arbuste au feuillage gris (peut-être un Anthyllis Barba Jovis a été planté l’an dernier. Il n’a absolument pas poussé (il mesure à peine plus de 15 cm). Il ne se plaît pas. J’ai donc décidé de le mettre en pot. En l’arrachant j’ai trouvé l’explication : ses racines sont mal en point. Dans son pot il est mis à l’ombre et sous surveillance. Peut-être un espoir de le sauver (?)
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